La prise du Pape

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Ce qui est le plus pénible à Léon XIII, en ce moment, c’est que, par ordre de ses médecins, il doit s’abstenir de priser. Il ne ressemble pas à ses prédécesseurs, à Urbain VIII et à Innocent X, qui poussaient la haine contre le tabac à un point extraordinaire.

Urbain VIII défendait aux prêtres de priser dans l’église sous peine de péché et même d’excommunication s’ils prisaient a l’autel, comme le font certains prêtres espagnols. Innocent X était encore plus sévère : le 1er février 1650, il signa un bref défendant à qui que ce soit, sous peine d’excommunication, de priser dans la basilique du Vatican, sous prétexte que la prise faisait éternuer, et que la majesté du lieu en était offensée.

Cette prohibition ne fut abrogée que le 16 janvier 1725 par Benoît XIII, grand priseur devant l’Eternel, comme l’est actuellement Léon XIII.

« Arcachon-journal. »  1899.

La vache de Mark Twain

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Il y avait une fois un malin qui s’appelait Mark Twain. 

Un jour, il lui vint l’idée d’assurer ses cigares contre l’incendie.

Et puis il les fuma. 

Il réclama ensuite une indemnité à la Compagnie d’Assurances affirmant que ses cigares avaient péri PAR LE FEU. 

Effectivement. Mark Twain ne mentait pas. 

D’ailleurs il avoua que ses cigares n’avaient pas pris feu accidentellement. 

Le même Mark Twain acheta avec son cousin, et de moitié, une vache. Au moment de l’achat, il eut soin de tenir la queue de la vache, d’un petit air innocent. La vache, installée, Mark Twain prit tout le lait. 

Le cousin se fâcha. 

Mark Twain affirma que, dans sa pensée, c’était la moitié ARRIÈRE de la vache qu’il avait achetée et qu’il en avait donné la preuve en tenant la queue. 

Mark Twain ne mentait pas. C’est comme cela qu’il faut s’y prendre en politique !… et en amour. Ne jamais mentir… mais ne jamais dire toute la vérité. 

Adieu Jerry

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Esprit pratique

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Un chasseur, M. Ubaldo Orna, avait pris le train à la gare de Vérone, pour se rendre à Roverbella, et s’y livrer aux douceurs de la chasse. Son chien l’accompagnait.

En cours de route, dans une station intermédiaire, M. Orna descendit pendant quelques minutes sur le quai, mais au moment du départ du train, il ne retrouva plus son chien qui s’était égaré un instant. Le train se remit en marche. Le chien essaya un moment de le suivre en aboyant, puis comprenant qu’il ne pourrait jamais suivre ce « train » d’enfer, il revint à la gare d’un air résigné. Il s’installa philosophiquement sur le quai, et attendit.

Quelque temps après, un train survint en sens inverse, dans la direction de Vérone, Notre intelligent quadrupède sauta dans un compartiment et revint à Vérone, où il réintégra le domicile de son maître.

Un émule d’Empédocle

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etna

Un courageux américain, M. Frederick Burlingham, dans le but d’obtenir un film sensationnel, n’a pas craint de risquer la mort, en descendant aussi loin que possible dans le cratère fumant du Vésuve. Grâce à l’aide d’un guide nommé Sannino et du directeur de l’Observatoire du Vésuve, il a réussi dans son entreprise, non sans avoir couru de graves dangers. 

Cela nous remet en mémoire la fin mystérieuse d’Empédocle d’Agrigente, métaphysicien fameux dans l’antiquité. Empédocle, fils de Méton, passait pour un grand thaumaturge et un guérisseur de maladies incurables. Grand orateur, ou plutôt grand rhéteur, législateur et prophète, il s’attribuait une puissance surnaturelle. Il prétendait avoir le pouvoir de changer la direction des vents, de protéger les récoltes contre les maléfices de la lune rousse et de provoquer la pluie bienfaisante. Il se vantait de ressusciter les morts. Enfin, un jour, il annonça qu’il allait chercher le secret du feu souterrain dans les cratères de l’Etna. 

Hélas, moins heureux que M. Burlingham, Empédocle ne reparut plus jamais et on ne retrouva de lui, dit-on, qu’une sandale, rejetée avec des laves et des scories.

« L’Écho du merveilleux. » Paris, 1914.

Les croix de flammes

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ku-klux-klan

« Empêchez les nègres de voter par tous les moyens », a dit dernièrement à ses électeurs Théodore Bilbo, sénateur démocrate du Mississipi. Deux jours après, un ancien combattant noir était lynché. Puis à Monroe, en Georgie, quatre noirs dont deux femmes, tombaient sous des coups de revolver à la suite d’une querelle banale. Et derrière ces rapides tragédies, les cagoules blanches du Ku-Klux-Klan, d’un seul coup réapparaissent, à la grande terreur de ceux qui croyaient le Klan à jamais impuissant et dispersé. 

Elle était facile à prévoir, pourtant, cette résurrection des citoyens de l’invisible empire. Après chaque guerre, le Ku-Klux-Klan connaît, aux Etats-Unis, une période d’activité brutale, et les mesures que le gouvernement des U.S.A. semble décidé à prendre contre la secte montre bien qu’il ne sous-estime pas le danger qu’elle peut faire courir à la paix intérieure de la grande démocratie américaine. 

Qu’est-ce que le Ku-Klux-Klan ? Et d’abord, que signifient ces trois mots ? On peut les traduire par Clan ,du Cercle (Kuklos = cercle, en grec). L’insigne de l’association est un cercle entourant une croix de Saint-André, comportant un petit carré dans son centre. Le premier K.K.K. avait été fondé en 1866, après la guerre de Sécession, par les Sudistes, à Pulaski, dans le Tennessee, pour le maintien de la suprématie blanche dans les Etats à esclaves . 

Pour terroriser les noirs superstitieux, les Klansmen imaginèrent tout l’attirail des cagoules blanches, des mains de squelettes, des silencieux défilés nocturnes, des réunions aux flambeaux sur les collines. Le chef suprême du K.K.K. se nommât le grand sorcier, empereur de l’invisible empire. La secte était divisée en royaumes avec un grand cyclope, un grand moine, un grand turc, une grande sentinelle, etc. 

Et l’on peut dire que vaincus sur le plan fédéral, les Sudistes, avec le Ku-Klux-Klan,  parvinrent à empêcher les noirs de bénéficier des principales dispositions de la Constitution américaine. Pratiquement, les noirs, qui sont électeurs, n’ont jamais pu voter aux U.S A. 

Le premier K.K.K. fut dissous par ses propres fondateurs en 1869. Après trois ans de fouet, de lynchages et d’exécutions sommaires, le Klan pouvait disparaître, les noirs avaient compris. Vint la première guerre mondiale, avec tous ses remous. Des éléments protestants, nationalistes et xénophobes des Etats-Unis formèrent un second Ku-Klux-Klan dans l’Etat de Georgie, à Atlanta, en 1916, à l’appel d’un pasteur, petit professeur d’histoire, le révérend Williams I. Simmons, surnommé le Colonel, parce qu’il avait été deuxième classe pendant la guerre de Cuba. 

L’association secrète était, en principe, consacrée en tant que société protestante, à l’enseignement de la religion chrétienne, et s’engageait en tant que société de blancs, au maintien perpétuel de la suprématie de la race blanche. Mais, dans la formule qu’il  devait remplir pour entrer dans le Klan, le candidat jurait qu’il était : Natif des U.S.A., vrai et loyal citoyen blanc, d’habitudes tempérantes, attaché aux articles de la Christian religion, au maintien de la suprématie des Blancs, à ceux d’un esprit de clause honorable et aux principes du pur américanisme

Le pur américanisme des adeptes du Colonel W.-I. Simmons se traduisait par la haine séculaire du noir, une xénophobie farouche, un anti-catholicisme qui voulait priver les catholiques du droit de vote, et allait jusqu’à accuser le pape de coloniser le gouvernement des U.S.A. en peuplant les ministères de ses créatures papistes, un antisémitisme tendant à exclure totalement des Etats Unis les juifs qui travaillent contre la société chrétienne, enfin un anti-syndicalisme des plus agissant. 

Pendant quelques années, le nouveau Ku-Klux-Klan s’organise. Mais, à partir de 1921, il passe à l’action directe. Des noirs ont fait la guerre en Europe, ils ont coudoyé les blancs sans être traités en parias, ils reviennent pleins d’idée, séditieuses. Le K.K.K. ne peut tolérer cela. En février 1921, B.-I. Hobbes, de Houston, dans le Texas, est battu, rasé et doit fuir la ville parce qu’il a fraternisé avec des nègres. Dans la même ville, un mois plus tard, un négociant et un dentiste noirs sont atrocement mutilés pour avoir eu des relations avec des femmes blanches. Trois autres, pour le même motif, sont fouettés au sang et marqués au front des trois lettres K.K.K. 

A Miami, en Floride, un archidiacre anglican, le révérend Ph.-S. Irwin prêche l’égalité des races. Les hommes du Ku-Klux-Klan le saisissent, l’entraînent dans un bois, le mettent nu, le fouettent, l’enduisent de goudron et le roulent dans un tas de plumes avant de le renvoyer chez lui. Au mois de mai 1921, à Dallas (Texas), mille cavaliers K.K.K. en cagoules défilent, de jour, dans les rues avec des bannières où s’étalent des mots d’ordre menaçants.  

Partout, le Ku-KIux-Klan multiplie ses démonstrations, ses sévices, ses lynchages. Des Etats du Sud, la secte gagne le Sud-Ouest et l’Ouest. Faible dans les grandes villes cosmopolites, elle est au contraire très puissante dans les milieux ruraux et les petites cités à majorité protestante. Raciste et anticlérical, le Ku-Klux-Klan puise sa virulence dans l’état d’esprit de l’Américain moyen imprégné de puritanisme qu’épouvante la montée du flot des noirs et des étrangers, Irlandais, Méditerranéens, juifs, etc. 

Et les mêmes causes produisant les mêmes effets, on assiste en ce moment à un retour de flamme analogue à ceux qui suivirent la guerre de Sécession et celle de 1914-1918. Que pourront la police et l’ Association nationale pour le progrès de la race noire contre les nouveaux déchaînements du Klu-Klux-Klan ? Dans les Etats du Sud, même les G.-Men ne boiraient pas un verre d’eau en public en compagnie d’un noir. D’autre part, dans un document du Ku-Klux-Klan daté du 10 juin 1921, on pouvait lire : 

« Nous venons d’enrôler le chef de la police, il se montre heureux d’avoir été initié, heureux de voir que nous pouvons mettre éventuellement à sa disposition notre organisation militaire. Il nous a promis de mettre à la disposition de nos hommes deux cent soixante fusils à répétition et s’est engagé a reconnaître tout chef désigné par nous comme sous chef de la Sûreté. » 

Le Ku-Klux-Klan de 1946 est-il moins bien organisé, a-t-il moins de complicités qu’en 1921 ? Le doute est permis. Son grand patron actuel, le Dr. Green, d’Atlanta, peut déclencher d’un signe une vague de terreur sur la moitié des U.S.A. En ce qui concerne les noirs tout au moins, les événements de ces derniers jours peuvent faire supposer que les consignes sent déjà lancées. 

« Regards. » Paris, 1946.  

Encore le monstre

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L’expédition scientifique organisée par le Daily Mail pour établir l’existence du monstre de Loch Ness assure que, pour la première fois, elle s’est rencontrée face à face avec le fameux serpent de mer. 

Cette expédition travaillait hier comme d’habitude, c’est-à-dire partagée en deux groupes dont l’un parcourait les rives du Loch Ness tandis que l’autre groupe se tenait à proximité, en canot automobile. Voici les cinq témoignages à peu près concordants qui ont été donnés par les membres de l’expédition. M. W. R. Turner, photographe du Daily Mail, donne les précisions suivantes : 

J’ai vu quelque chose qui se dirigeait avec une grande vitesse vers Drumnadrochit Bay et qui ressemblait à un canot automobile. J’ai pu distinguer nettement un objet noir qui pouvait être une bosse ou une nageoire. Cet objet produisait dans l’eau, autrement tranquille du Loch Ness, une vague énorme. Après quelques secondes, cet objet a disparu sous l’eau. 

M. M. A. Wetherell, explorateur africain attaché à l’expédition, a dit : 

C’était un objet noir d’une longueur d’à peu près quatre ou cinq mètres. J’ai appuyé sur l’accélérateur  pour approcher du monstre, mais il fit immédiatement un plongeon. D’après la vague qui le suivait, ça devait être un grand et très puissant animal. 

M. W. Renwick, pilote d’hydravion, donne les mêmes précisions sauf à prétendre que la partie de l’animal qui émergeait de l’eau avait de six à sept mètres de longueur. MM. G. O. Pall, photographe spécialiste des animaux sauvages, et T. G. Smith, mécanicien du canot, confirment les dires de leurs camarades et précisent que le canot dans lequel ils se trouvaient avait été très fortement ballotté par les remous produits par l’animal.

« L’Intransigeant. » Paris, 1934. 
Illustration : Une scène du film de Billy Wider, La vie privée de Sherlock Holmes, 1870.
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