Aretha Franklin

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A propos d’une bouteille 

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aldo morgantiL’anecdote que raconte un journal du soir prouve jusqu’à quel point la besogne de nos différents ministères est entravée par la complication toujours croissante des formalités bureaucratiques.

Ainsi, il a fallu deux ans de pourparlers et de démarches à une commune du département de la Drôme pour obtenir enfin la simple autorisation d’amener l’eau de source au milieu du village. L’Administration des eaux et forêts s’étant chargée de transmettre au ministère des travaux publics un échantillon de l’eau de source, une bouteille de cette eau fut remise à la sous-préfecture pour passer ensuite à la préfecture, qui l’envoya au ministère.

Les explications qui l’accompagnaient ayant paru insuffisantes, la bouteille fut renvoyée, par les mêmes voies, au maire de la commune, afin qu’il en établit dûment le certificat d’origine. Cette formalité remplie, la fameuse bouteille revint, en suivant une filière identique, au ministère, d’où elle passa au laboratoire de Valence pour que son contenu fût soumis à l’analyse chimique. Le rapport constatant le résultat de cette opération ne parvint au ministère qu’à petites étapes, et deux ans s’étaient écoulés lorsque la commune de la Drôme reçut enfin l’autorisation demandée.

L’odyssée de cette bouteille atteste une fois encore les proverbiales lenteurs d’une administration que l’Europe aurait grand tort de nous envier.

« L’Oued-Sahel : journal politique, littéraire, commercial et agricole. » Bougie, 1890.
Peinture : Aldo Morganti.

A toi Charles Quint ! 

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charles quintLe puissant monarque s’était figuré aller plus loin que tous les autres humains en assistant lui-même à son enterrement dans le monastère de Saint-Just.

Il vient d’être battu par M. Paul Turon de Teschen, dans la Silésie autrichienne, qui a  chanté à son propre enterrement. Et où il est encore plus fort que Charles Quint, c’est qu’il était réellement mort, c’est qu’il était étendu et cloué pour de bon dans sa bière.

Mais il avait laissé un rouleau de phonographe, dans lequel, de sa noble voix de baryton, il avait chanté le Requiem; et c’est ce rouleau de phonographe qu’on a entendu à son enterrement.

Je ne sais pas si c’est liturgique; mais le phonographe n’envahit-il pas tout ?

« Touche-à-tout. » Paris, 1904.
Peinture : portrait de Charles Quint de Rubens.

Rory Gallagher

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Stratagème

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john daltonTout le monde sait ce qu’est le daltonisme ou la cécité des couleurs, de la couleur rouge, particulièrement. On assure que le vingtième des hommes est, dans nos pays civilisés, atteint de cette affection bizarre et qui, en certains cas, par exemple chez les marins, chez les employés de chemins de fer, peut devenir plus que fâcheuse.

Le daltonisme fut étudié et décrit par le savant professeur de Manchester John Dalton, à la fin du XVIIIe siècle. Or, Dalton (peu de personnes s’en doutent peut-être) était daltonien. On conte à ce sujet une anecdote plaisante :

John Dalton devait (récompense suprême !) être reçu à la Cour par le roi George III. Etant quaker, il refusa de porter l’épée qu’exige le protocole dans ces sortes de cérémonies. Un quaker, en effet, ne saurait ceindre une arme destinée à verser le sang humain. Le monarque bienveillant autorisa alors le célèbre chimiste à se présenter sous la robe de docteur. Mais la dite robe est rouge et les quakers ont en horreur tout ce qui rappelle la couleur du sang.

Comment faire ? L’on se souvint que Dalton était daltonien. On lui passa la robe écarlate en lui affirmant qu’elle était vert-bouteille et le pauvre grand homme traversa les salons de Buckingham Palace, drapé majestueusement dans les plis de son pacifique costume.

Il n’y a que la foi qui sauve !

« L’Impartial. » Djidjelli, 1910.
Peinture de Thomas Phillips.

En toute simplicité

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Antoine Claire Thibaudeau

 

Un ami d’Antoine Claire Thibaudeau racontait sa mort devant Alexandre Dumas fils.

 Il s’est assis, disait-il, il a tourné la tête; il a ôté ses lunettes, et il est mort.
— Il a ôté ses lunettes, reprit Dumas; au moins il ne s’est pas vu mourir.

Le lion

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lion

Le lion est le plus puissant des carnassiers : sa tête énorme est couverte d’une épaisse crinière mal peignée qui retombe sur ses épaules. 

Son regard est imposant et son rugissement effroyable fait trembler ceux qui l’entendent.

 

roi

Le lion est appelé le roi des animaux. Habituellement, lorsqu’un souverain parcourt ses Etats, la population entière accourt sur son passage. Au contraire, lorsque le lion se promène dans son royaume, tous ses sujets les animaux se sauvent bien vite, de peur d’être dévorés. 

fuite

L’homme en fait généralement autant et n’ose braver le lion que lorsque de solides barreaux de fer le séparent de lui.

cage lion

« L’arche de Noé. » Texte et dessins de André Hellé. Paris, 1925.