Le fantôme d’un Saint-Bernard qui peut ouvrir une porte

 saint_bernardMe permettez-vous de vous relater un petit fait qui touche aux manifestations parapsychologiques ? Il ne s’agit pas d’une personne, mais d’une bête…
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Un peu solitaire, aimant l’étude et non le monde, je n’ai pas d’amis ; mais j’en ai eu un: c’était un chien. Ce chien était intelligent plus que bien des hommes. C’était mon gardien, lorsque la nuit je restais seul à contempler le ciel, il était fidèlement couché à mes pieds, son épaisse fourrure (c’était un Saint-Bernard) me couvrait les jambes, il m’était difficile de bouger lorsqu’il fallait suivre la marche d’une étoile. Si j’étais dans ma chambre et lisais, il restait assis me regardant, et je dirai même me comprenant. Je sentais qu’il aimait autant la solitude que moi, c’est pour cela que nous ne nous quittions pas.
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Je vous fais cet exposé pour que vous puissiez comprendre mon affection pour lui, et pourquoi je le considérais comme un ami. Voilà donc mon récit: C’était en décembre 1910, le 14 exactement, que ma mère emmena mon Boby avec elle. Je dois noter avant tout qu’il avait la désagréable habitude, lorsque que quelqu’un approchait, de se porter vers lui un peu trop bruyamment; en second lieu, que, lorsque je discutait avec mon père, il se mettait de la partie et tenait sérieusement de mon coté. Après avoir reçu une plainte, mes parents résolurent de le faire abattre, et ce, sans me prévenir.
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C’était un soir, à 19h30. J’étais dans ma chambre et j’entendis la porte s’ouvrir (il l’ouvrait seul, étant aussi grand que moi, il mesurait 1m80). Donc, j’entendis la porte s’ouvrir et vis apparaître mon Boby. Il resta, l’air souffrant, sur le seuil. Je disais : « Viens Boby ! » mais il n’obéit pas. Je répétais alors mon ordre, il arriva. Il me frôla les jambes et se coucha sur le parquet; je voulus le caresser, mais… rien, il n’était plus là ! Je me précipitai hors de ma chambre; la porte était restée ouverte; je téléphonai à Lausanne (2 km); je demandai le Clos d’Équarrissage, et voici textuellement quel a été notre dialogue:
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— Bonjour, Clos d’Équarrissage.
— Avez-vous vu une dame habillée en noir avec un chien Saint-Bernard ?
— On vient d’en abattre un, il y a deux minutes à peine; il est couché et la dame est là !
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A ces mots, je tombai à la renverse et je m’évanouis. Lorsque je revins à mon état naturel, je demandai mon chien: il n’était pas là, il était mort. Telle est l’histoire de mon Boby; il est à remarquer qu’à la minute où il mourait, je l’ai vu de mes propres yeux et, ce qui enlève tout le doute d’hallucination, c’est que la porte s’est ouverte d’elle-même.

 « Annales des sciences psychiques » (1912, p. 279)

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