Un fait extraordinaire arrivé à Mademoiselle…

Diane chasseresse. Jardin du Luxembourg. Photo: Dinkum

On rapporte un fait extraordinaire arrivé à Mademoiselle dans le jardin du Luxembourg, et qui aurait été la prédiction de quelques événements de sa vie agitée.

Un jour qu’elle se promenait seule dans une longue allée ombragée de tilleuls, un vieillard se présenta tout à coup à elle, et voulut lui parler. La princesse, effrayée de cette subite apparition, eut à peine assez de force pour crier et s’enfuir vers le palais.

Ses gens accoururent aussitôt; on fit dans le parc de nombreuses recherches, qui restèrent sans résultat. Peu de jours après, lorsque sa frayeur était dissipée, repassant par le même endroit, elle aperçut encore devant elle le vieillard, qui, avec un air suppliant, manifesta de nouveau le désir de lui adresser la parole. Cette fois, tremblante de tous ses membres, la princesse poussa un cri, mais ne put faire un pas; bientôt elle s’évanouit et tomba sur le gazon en fleur uni qui bordait le chemin.

Anne Marie Louise d’Orléans — dite « La Grande Mademoiselle ». Nocret

Quelque temps après, elle revint à elle; elle était entourée de tous les gens de sa maison, et tenait à la main un papier qu’elle serrait convulsivement.

Tout le monde soupçonna que ce papier provenait du vieillard, qui, désespérant de se faire entendre de la princesse, avait voulu lui communiquer par écrit ce qu’il avait l’intention de lui révéler.

Ce papier renfermait trois dessins d’une perfection admirable.

Le premier représentait un navire porté sur le sommet d’une vague, et dans le navire un serpent levant une tête orgueilleuse au-dessus de l’élément en courroux. Le second représentait un naufrage : on y voyait les débris d’un navire flottant sur les ondes, et le serpent du premier dessin recueilli, au moment où il allait périr, par une femme au front noble et à l’air compatissant. Le troisième représentait un château baigné par une rivière : dans le lointain on apercevait les tours de Notre-Dame; au milieu d’un massif de saules pleureurs, la femme du second dessin, blessée par le serpent qu’elle avait généreusement secouru, par la suite, Mademoiselle reconnut dans le serpent l’ambitieux Lauzun; dans le château, Choisy sur le bord de la Seine; dans la femme au front noble, elle-même.

L’histoire singulière de Mademoiselle et surtout de Lauzun, son amant et son époux, peut seule faire connaître toute la justesse d’une semblable interprétation.

« Mystères des vieux châteaux de France, ou Amours secrètes des rois et des reines, des princes et des princesses, ainsi que des grands personnages du temps … » par une société d’archivistes, sous la direction de A.-B. Le François -Penaud (Paris) – 1850

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