Le cheval noir

Publié le Mis à jour le

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S’il y a un personnage qu’on retrouve dans plusieurs légendes, d’un bout à l’autre du Canada, c’est bien le diable, qu’on appelle aussi Satan, le démon, ou parfois le Malin. C’est bien connu, le Malin peut prendre différentes formes pour s’approcher de nous, comme il l’a fait au Manitoba, au dix-neuvième siècle …

Monseigneur Taché avait entrepris, à cette époque, la construction d’une église à Saint-Boniface. Cette année-là, l’hiver était dur. Les travaux avançaient de peine et de misère. Les hommes étaient fatigués, le froid était mordant, le découragement se faisait sentir sur le chantier. Un beau matin, un cheval noir surgit à travers les flocons qui tombaient sur les ouvriers. Une bête superbe, haute sur pattes et solide, mais qui semblait trembler sous le froid mordant de l’hiver manitobain. Les hommes s’approchèrent du cheval pour le caresser. Nul ne savait d’où venait ce cheval. Il n’appartenait à personne des environs. Les ouvriers proposèrent de le nourrir et de l’héberger dans l’écurie du chantier. Monseigneur Taché accepta, mais à une condition : personne ne devait jamais, jamais enlever la bride de cette bête. En aucun cas. Pas même pour la laisser manger.

Le cheval devait rester bridé. Bien à l’abri dans la chaleur de l’écurie, le cheval retrouva rapidement ses forces. On le fit travailler au chantier. Les hommes l’attelèrent à une charge assez lourde, mais comparable à celles que les autres bêtes travaillant à la construction de l’église pouvaient tirer. Le cheval noir fit tout le chemin avec sa charge comme si de rien n’était. Malgré l’effort, pas une goutte de sueur n’apparut sur sa robe lustrée. Le lendemain, on doubla sa charge. Le cheval la tira aussi facilement que la veille et travailla rudement toute la journée, sans manifester la moindre fatigue. Le jour suivant, on tripla le poids de la charge.

Cet étalon ne ressemblait à aucun autre. Il était plus fort, plus résistant. Pour tout dire, il semblait infatigable. Les travaux avançaient tout à coup bien plus rapidement. Le moral remontait en flèche sur le chantier. Les hommes étaient reconnaissants envers cette bête qui leur facilitait la tâche. Tellement qu’un beau jour, l’un des ouvriers trouva que ce n’était pas convenable de traiter un cheval si utile de cette façon. Il décida de lui enlever sa bride pour lui offrir un peu de repos. Après tout, la brave bête l’avait amplement mérité. Eh bien ! À la seconde même où l’homme lui retira sa bride, le ciel s’obscurcit, le cheval se dressa sur ses pattes arrière, il poussa un hennissement terrible qui glaça le sang de tous ceux qui étaient présents et il disparut en un instant. Tous tremblaient sur le chantier. Monseigneur Taché comprit immédiatement que c’était le diable qui les avait approchés ainsi.

On ne revit plus la fabuleuse bête dans les environs. Elle ne revint jamais terminer les travaux. Si vous passez par Saint-Boniface, vous remarquerez qu’il manque toujours une pierre en haut de l’un des murs de l’église qu’a fait construire monseigneur Taché. Grâce à cette pierre manquante, tous gardent en mémoire que le diable peut prendre bien des formes, et les paroissiens se souviennent avec fierté qu’un jour, ils ont réussi à faire travailler le diable pour la cause de Dieu. Mais n’allez pas croire que le Malin a renoncé à s’approcher des hommes après avoir quitté Saint-Boniface… Parlez-en aux gens de Trois-Pistoles, de L’Islet ou de l’île d’Orléans, au Québec; ils vous raconteront qu’on a aussi vu ce cheval rôder par chez eux. Si un jour vous croisez une bête noire, forte et infatigable, restez donc sur vos gardes. On ne sait jamais à qui on a affaire.

http://www.tv5.org

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16 réflexions au sujet de « Le cheval noir »

    brunomeurin a dit:
    avril 2, 2014 à 2:10

    Vade retro! Et qu’ ça saute!

    Aimé par 1 personne

    Éric G. Delfosse a dit:
    avril 2, 2014 à 3:52

    J’ai une bête noire, forte, infatigable. Un vieil ordinateur qui tourne sous Linux.
    J’en ai un autre qui, lui, tourne sous Windows Eight. Celui dont je me sers le plus souvent pour travailler avec Office. Parce que mon boulot comporte une partie qui se traite avec Office, tout simplement…
    Hélas, trois fois hélas, l’ordi tournant sous Win n’est pas aussi infatigable que l’autre, et son ventilateur vient de me lâcher (merci l’obsolescence programmée).
    Coup de pot, j’ai réussi à sauvegarder une partie de mes travaux du disque dur vers un stockage en ligne. Ouf… Et depuis la semaine dernière, je corrige petit-à-petit les documents sauvegardés in the cloud. Un à la fois… En tout, une quarantaine de pages révisées, corrigées, annotées sous Linux, grâce à « Libre Office Writer » au lieu de « Word »… Et chaque fois soigneusement remises en ligne en n’oubliant pas de cliquer sur la case « sauvegarder en format word »…
    Bon, alors, comme je ne fais pas que ça dans la vie, ça prend un certain temps, et aujourd’hui, il me semblait, au bout de deux-trois pages de correction, que j’avais déjà corrigé ces deux-trois pages…
    C’est alors qu’un doute Maasaï (comme on dit en Afrique de l’Est).
    Et si … ? ? ?
    Je sauvegarde in the cloud le document que je suis en train de corriger. Je le re-télécharge. Et, ô surprise, aucune des corrections que je venais de faire n’apparaît ! Sur une page corrigée trois ou quatre jours plus tôt, je pourrais douter, mais là, j’avais encore en tête les corrections que je venais d’apporter quelques minutes plus tôt, corrections qui n’apparaissent pas sur le document prétendument corrigé !
    Pourquoi ? Mystère… Seul le diable le sait…
    Saleté de bête noire, forte et infatigable, va !
    Bon, bin, plus qu’à faire une collecte à la sortie de l’église de Saint-Boniface pour m’acheter un nouvel ordi avec Windows… Sinon, que voulez-vous que la Bonne y fasse ?

    Aimé par 1 personne

    le blabla de l'espace a dit:
    avril 3, 2014 à 11:00

    houla, j arrive plus a suivre tes billets, tu en fais beaucoup, comment tu fais ?

    Aimé par 1 personne

      Éric G. Delfosse a dit:
      février 15, 2015 à 10:22

      Comment ?
      Bin, avec son clavier…
      Et avec sa souris…
      À ce propos, d’ailleurs, ne pas fondre la Jouvence de l’Abbé Soury, et la souris de l’Abbé Jouvence !

      😉
      Ok, je sors…

      J'aime

    gavroche60 a répondu:
    février 15, 2015 à 8:27

    A reblogué ceci sur Le ciel de Leyenda.

    J'aime

    sarah a dit:
    février 15, 2015 à 10:24

    et si c’était l’Inverse …
    un Kdo Divin ce Cheval, pour aider la « cause » des hommes sur le chemin de la Foi….
    mais celui qui l’a reçu et donné ordre de le brider, n’avait pas cette conscience… juste vu l’Intérêt..
    et sur cette histoire, dirai juste qu’un homme de Bien lui a rendu la Liberté qu’il méritait, venir aider oui mais pas être prisonnier, voilà un joli msg divin, pour le Prouver… que rien est acquis à celui qui ne croit cela…et voit le « Malin » …par son esprit sur sa Fortune perdue… lol…
    bon j’m’arrête… sinon, que jM ce cheval, et que sa beauté est bien plus belle que celle de l’homme sur ce point de vue..
    belle soirée et belle semaine Gavroche, avec toutes les plus belles couleurs de la Vie à l’Esprit….et de belles histoires à nous conter.. 🙂

    Aimé par 1 personne

    juliette a dit:
    février 16, 2015 à 4:27

    j’aimerais bien croiser ce magnifique étalon sur un chemin enneigé !!!

    Aimé par 1 personne

    Maître Renard a dit:
    février 28, 2017 à 4:28

    A reblogué ceci sur Maître Renard.

    Aimé par 1 personne

    La valise de calibre a dit:
    mars 1, 2017 à 8:38

    Excellente histoire, merci Gavroche!

    Aimé par 1 personne

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