Tel est pris …

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Défunte, ma mère m’a raconté ce qui lui arriva une fois en puchant la lessive. C’était à Flamanville. Il y avait sur le feu une grande timbale remplie d’eau bouillante. Tout à coup, un bruit se fait dans la cheminée, puis il en tombe une trivelaine de chats gris, noirs, rouges et blancs.

– Elle eut bien peur ?

– Pas trop. Qu’est-ce-que ces chats pouvaient lui faire ? Ils paraissaient gelés.

– Chauffez-vous, minets, leur dit-elle.

Les chats ne se firent pas prier; ils s’installèrent près du feu, au bord des cendres, et se mirent à ronronner de satisfaction.

Ma mère attendait ce qui allait arriver. Elle pensait à un trésor, et cela lui aurait fait bien plaisir, à la pauvre vieille !

Mais Bonnin Mongardon, qui puchait avec elle, eut l’idée d’éprouver si c’était des vrais chats, des goublins ou des sorciers. Elle leur jeta de l’eau bouillante sur le dos, les chats se sauvèrent en soufflant et elle ne les revit plus.

Il n’y a rien là de drôle; Mais le lendemain,il y avait plusieurs gens du village qui n’osaient se montrer parce qu’ils avaient été brûlés. Ils s’étaient changés en chats pour faire une farce à ma mère, mais c’est eux qui avaient été attrapés.

Il y a des herbes qui, lorsqu’on en mange, peuvent vous tourner en toutes sortes de bêtes. Moi qui vous parle, j’ai connu à Flamanville un homme qui se mettait en mouton et allait se promener comme ça sur les falaises.

Jean Fleury, Littérature orale de la Basse-Normandie, 1884

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