La malédiction du Great Eastern

Publié le Mis à jour le

Great Eastern

Le Great Eastern, le paquebot transatlantique britannique lancé en 1858, fut le premier paquebot géant et le plus grand navire jamais construit à son époque. Le bateau avait une capacité d’embarquement de 4 000 passagers sans qu’il soit nécessaire de le réapprovisionner en charbon entre la Grande-Bretagne et la côte est des États-Unis. Il a longtemps détenu le record du navire le plus long (jusqu’en 1899) et le plus gros du monde (jusqu’en 1901). Plus tard, il fut reconverti et posa le premier câble transatlantique sous-marin.

Comment explique-t-on que certains bateaux soient dits malchanceux, ce que reconnaît tout marin expérimenté ? Le roman de Conrad, The brutes , met en scène cette croyance; mais il y a d’innombrables exemples réels. Un livre entier a été consacré à l’histoire stupéfiante du Great Eastern, le projet le plus ambitieux de Brunel, grand ingénieur du XIXème siècle. C’était le plus grand bateau du monde. Les malheurs commencèrent quand un riveur et son apprenti disparurent lors de la construction. En juin 1859, alors qu’on s’apprêtait à mettre le bateau à la mer, Brunel s’aperçut que les vagues provoquées par la mise à l’eau pourraient submerger les spectateurs et donna l’ordre d’arrêter la manœuvre. Quand on lança finalement le bateau, Brunel s’écroula sur le quai, terrassé par une crise cardiaque, et mourut une semaine plus tard.

Isambard Kingdom Brunel, engineer

Dès lors, la carrière du Great Eastern fut un long désastre. Une cheminée explosa lorsqu’on ferma par accident une valve de sécurité; cinq pompiers périrent, un autre fut broyé dans la roue à palettes. Mis à quai pour des réparations, le bateau fut endommagé par une tempête. Le capitaine se noya avec un mousse dans un canot. En Amérique, un autre marin fut broyé dans la roue et un homme passa par-dessus bord et se noya.

Un voyage de deux jours fut une catastrophe continue qui atteignit son comble quand le bateau dériva de cent miles; de nombreux passagers débarquèrent à la première occasion et rentrèrent par le train.

Le paquebot avait alors acquis une si mauvaise réputation qu’il transportait rarement assez de passagers pour payer les salaires de l’équipage (plus de quatre cents personnes). Les catastrophes continuèrent: roues et cheminées brisées, dégâts dus à la tempête …

Quinze ans seulement après sa mise à l’eau, le Great Eastern fut abandonné à la rouille à Milford Haven. Lorsqu’on le démolit en 1889, on trouva, coincés dans la double coque, les squelettes du riveur et de l’apprenti qui avaient disparu.

« Mystères: le surnaturel face à la science. »  Colin Wilson, Albin Michel, 1981.

5 réflexions au sujet de « La malédiction du Great Eastern »

    lesouffleurdemots a dit:
    mai 27, 2014 à 7:41

    C’est pas sur ce bateau qu’une bande dessinée a été faite? Il me semble l’avoir lu dans une version enquête policière!

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    Éric G. Delfosse a dit:
    mai 29, 2014 à 1:44

    Même le câble transatlantique qu’il a posé est maudit : quand on téléphone à Chicago, on se ramasse des tas de coupures !

    😆

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    […] Source : La malédiction du Great Eastern […]

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    Maître Renard a dit:
    février 24, 2017 à 1:48

    A reblogué ceci sur Maître Renard.

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