Le baiser de la mort

Publié le Mis à jour le

Egon Schiele

Egon Schiele est né le 12 juin 1890 dans une petite ville de la vallée du Danube autrichien. Sa mère est une Allemande du sud de la Bohême. Son père est viennois, cheminot, et exerce à Tulln an der Donau le noble métier de chef de gare.

Schiele le Jeune est un dessinateur et peintre d’un immense talent, à tendance nettement scandaleuse. Sa mère dira plus tard de lui: « – Il a eu beaucoup de succès. Il avait de beaux yeux. Il les a toutes ensorcelées. »

Il se forme à l’Ecole des arts décoratifs de la capitale autrichienne, dispensé d’examen d’entrée tellement ses dons sont évidents. Ensuite, il retourne en province, où les péripéties d’une jeune modèle lui vaudront l’opprobre public et un mois de prison.

Plus tard, il rencontre Edith Harms, qui ne voit pas d’inconvénient à devenir sa femme: le couple convole en noces simplifiées en juin 1915, avant de s’installer à Vienne. Schiele fera dès lors de très nombreux portraits de son épouse, qui était moins jolie que ne pourraient le laisser penser les œuvres en question. Adèle, la petite sœur, est plutôt mieux. Schiele éprouvera les délices du partage fraternel, dont la cadette semble aussi posséder un sens aigu.

A l’automne 1918, l’épidémie de grippe espagnole prend les allures d’une hécatombe à Vienne. Il faut rappeler que cette grippe extrêmement virulente a fait, en Europe, plus de morts que la Grande Guerre. Naturellement, quatre années de conflit et les privations afférentes ne sont pas pour améliorer les défenses immunitaires.

Edith, enceinte, tombe malade. Faisant preuve d’un dévouement surprenant, Egon la veille assidûment. Malgré ses écarts de conduite, Schiele aime sincèrement sa femme, qui bientôt sera emportée avec leur enfant. Conscient d’un danger fatal, il étreint une dernière fois Edith, le 28 octobre. Elle meurt quelques heures après.

Par cet ultime baiser, le trop tendre Egon Schiele s’est contaminé: il tombera bientôt malade à son tour, avant de mourir le 31 octobre, à l’âge de vingt-huit ans.

Il aura fait vivre, avec Gustav Klimt et Oscar Kokoschka, le groupe des « peintres de la Sécession ». Ses principales œuvres sont visibles à Vienne et à New York.

Olivier Chaumelle

« La tortue d’Eschyle et autres morts stupides de l’Histoire. »  Editions des Arènes, 2012

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3 réflexions au sujet de « Le baiser de la mort »

    le blabla de l'espace a dit:
    juin 9, 2014 à 11:59

    l’amour !!!
    et je dis pas cela en rigolant, c’est beau,

    Aimé par 1 personne

    fanfan la rêveuse a dit:
    juin 10, 2014 à 7:07

    Le vrai, le pur est inconditonnel 😉

    Aimé par 1 personne

    eliane21120 a dit:
    juin 13, 2014 à 12:44

    Le cœur plus que le raisonnable à fini par l’emporter. Belle preuve d’amour.

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