Evariste Galois, le matheux amoureux

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Evariste Galois est né le 25 octobre 1811 à Bourg-la-Reine et meurt le 31 mai 1832 à Paris. Donnant son nom à une branche des mathématiques, la théorie de Galois il a été considéré par ses successeurs comme le déclencheur du point de vue structural et méthodologique des mathématiques modernes.

Il est d’usage de faire le parallèle entre le poète Arthur Rimbaud et le mathématicien Evariste Galois : tous deux génies précoces, ils ont révolutionné la poésie pour l’un, les mathématiques pour l’autre, entre leur adolescence et leur vingtième année, léguant au terme d’une explosion de créativité aussi intense que brève des tombereaux de travail, d’analyses, de commentaires, d’admiration et de perspectives pour les générations suivantes de littérateurs et de matheux.

Où les aurait menés leur turbogénie si leurs trajectoires n’avaient été prématurément interrompues ? Si la question reste valable pour les deux, c’est dans cette interruption que se situe la différence: Rimbaud a cessé volontairement d’écrire avant sa mort, Galois a vu son œuvre s’arrêter à cause d’une mort stupide.

Adolescent dans une époque où toute une jeunesse impétueuse, exigeante et républicaine se heurtait violemment à une monarchie restaurée hautaine et crispée sur ses privilèges, le jeune lycéen, agité chronique, révolté insatiable, avait tout pour se faire détester de ses professeurs, de ses aînés et des autorités établies.

On peut comprendre: que peut-il exister de plus exaspérant qu’un jeune voyou insolent qui vous jette avec une désinvolture prétentieuse des théories mathématiques aussi fumeuses qu’incompréhensibles ? Tous les profs de math et matheux célèbres de l’époque rejetteront les propositions du jeune énervé sauf deux, son professeur Richard et le mathématicien Poisson, qui seront les seuls alors à subodorer le prodige.

Entre deux barricades et deux émeutes, Galois trouvera le temps de se faire recaler deux fois à l’Ecole polytechnique, de se faire renvoyer de l’Ecole normale où il s’ennuyait : il écrivait des lettres d’insultes à ses profs, leur reprochant leur lenteur intellectuelle et leur médiocrité, interrompant les sessions de l’Académie, avant d’aller faire le coup de feu sur les barricades.

 Malgré des recherches assidues, les circonstances du drame restent obscures: en mai 1832, au terme de son deuxième séjour en prison, il tombe amoureux d’une femme à l’identité encore incertaine. Ce que l’on peut inférer des ses écrits, c’est en tout cas que leur relation tourne mal et que, au terme d’une querelle avec deux amis de la belle à l’identité tout aussi hypothétique, il est provoqué en duel. La seule chose avérée, ce sont ces phrases de sa main, trouvées parmi les fiévreuses notes de sa dernière nuit: « J’ai été provoqué par deux patriotes … Je meurs victime d’une infâme coquette. »

C’est que, se sachant médiocre tireur, le voilà qui, la veille du duel, se met à envisager la probable issue fâcheuse qui va donner à ses travaux une fin inopinée. Alors, il écrit toute la nuit une sorte de testament scientifique hâtif et condensé, reliant toutes ses précédentes démonstrations en quelques mots, dessinant en une nuit les bases des mathématiques modernes, parsemant les lignes de Je n’ai pas le temps . Le matin du 30 mai 1832, comme il le craignait, il reçoit une balle dans le ventre et meurt le lendemain à l’hôpital Cochin, à l’âge de vingt ans.

Il avait conclu son testament par cette phrase: « J’espère que les gens trouveront leur profit à vérifier tout ce gâchis. »

Bientôt deux siècles d’avancées mathématiques dans le monde ne sont pas encore parvenues à en vérifier toute les implications.

« La tortue d’Eschyle et autres morts stupides de l’histoire. » Bruno Landri, Les Arènes, 2012.
 *

« Je rêve d’un jour où l’égoïsme ne régnera plus dans les sciences, où on s’associera pour étudier, au lieu d’envoyer aux académiciens des plis cachetés, on s’empressera de publier ses moindres observations pour peu qu’elles soient nouvelles, et on ajoutera  » je ne sais pas le reste ».

Évariste Galois.

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12 réflexions au sujet de « Evariste Galois, le matheux amoureux »

    Laoziadit a dit:
    juin 26, 2014 à 2:08

    Mathamoureux ? Quelle idée 😉

    Aimé par 2 personnes

      sarah a dit:
      juin 26, 2014 à 3:24

      Une personne aimée, m’a dit un jour: Tout est « mathématiques », encore + dans l’@mour… par l’effet des probabilités, et compatibilités..en résultat…;-))

      Aimé par 1 personne

        Laoziadit a dit:
        juin 26, 2014 à 3:28

        😉

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        blueedel a dit:
        juin 26, 2014 à 3:30

        J’aimerai bien qu’on me prouve par A+B l’amour avec les maths… mais étant amoureuse des maths, je risque de tomber amoureuse de celui qui m’expliquerait 🙂 hi hi … mathématique ?

        Aimé par 2 personnes

          sarah a dit:
          juin 26, 2014 à 3:45

          y’a une autre probabilité…. par un effet d’Algèbre
          peut être Lui qui tombe amoureux…. de la belle mathématicienne… ;-))
          ahah. lol…

          Aimé par 1 personne

            blueedel a dit:
            juin 26, 2014 à 3:46

            coquine 😉
            c’est fou quand même non ? probabilité, donc mathématiques !

            Aimé par 2 personnes

              sarah a dit:
              juin 26, 2014 à 3:58

              humhum…avec le génie de cette belle compatibilité…= symbiose…symphonique… mathématique…cher Watson ;-))

              J'aime

    blueedel a dit:
    juin 26, 2014 à 3:16

    Impressionnant ! Ignorante de cette histoire (c’est pour cela que j’aime ton blog, j’en découvre énormément ;), je trouve tout cela un beau gâchis 😦

    Aimé par 2 personnes

    Haidara a dit:
    juin 27, 2014 à 12:08

    La mathematique nai pas un simple calcul faut être une personne du cerveau droit pour comprend le reflèc
    Hooooooo!

    Aimé par 1 personne

    karouge a dit:
    novembre 1, 2015 à 3:29

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