Le démon-scorpion (légende des Indes orientales)

Publié le Mis à jour le

[Serpents et scorpions]

Il y a six ans environ, quand nous faisions un séjour dans un endroit peu connu de la partie la plus reculée de l’Himalaya, j’ai eu connaissance d’une superstition singulière qui y existe.

La légende suivante m’a été racontée par un missionnaire allemand, de la secte des Frères moraves. Lui et sa femme sont décédés deux ou trois ans plus tard, après avoir habité plus de vingt ans, dans une oasis nommée Poo. d’une étendue considérable, et située à l’extrémité septentrionale de la vallée du Satluj, un des cinq grands fleuves du Panjab. Sur la rive gauche du fleuve, et par conséquent vis-à-vis Poo, s’élève une haute montagne, âpre et rude, ayant ses flancs et son sommet hérissés de pointes de rochers, et qui paraît presque inaccessible aux pieds humains.

Ce frère morave, (M. Pagell) m’a dit un jour que nous regardions ensemble cette montagne, que plusieurs des habitants de cette oasis lui avaient souvent dit que dans un temps reculé ( si reculé que personne ne pouvait l’indiquer précisément ) cette montagne était l’habitation d’un démon, qui se plaisait quelquefois à prendre la forme d’un scorpion; mais d’un scorpion de la grandeur d’une chèvre; il entrait dans les villages, et dévorait les enfants et le bétail. Pendant longtemps, il exerça ses ravages jusqu’au moment où, d’après la légende, un lama (un moine ou religieux bouddhiste) qui venait de bien loin, parvint à contraindre ce mauvais génie à se réfugier dans une fente profonde de ladite montagne; mais toutefois pour l’apaiser, on avait coutume de sacrifier tous les ans à une époque fixe, un garçon de huit ans et un tout jeune veau, que l’on jetait vivants dans cette crevasse.

Cet usage barbare n’a cessé dit-on, que depuis l’arrivée d’un second lama, qui parvint à détruire à jamais le pouvoir du démon.

« Revue des traditions populaires. » Mme H.-G.-M. Murray-Aynsley, Paris, 1888.

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4 réflexions au sujet de « Le démon-scorpion (légende des Indes orientales) »

    Éric G. Delfosse a dit:
    août 17, 2014 à 12:44

    « Tiens, j’ai faim, je mangerais bien un veau et un garçon… »
    M’oui, pourquoi pas…

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    Maître Renard a dit:
    mai 24, 2017 à 8:27

    A reblogué ceci sur Maître Renard.

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