Circonstance étrange

Publié le Mis à jour le

PeachtreeStreet

Sous ce litre, la Revue spirite reproduit le récit suivant, que Mme Stanley a raconté elle-même et qui a été publié dans un journal américain, The Progressive Thinker, par son amie Mlle Gramblay.

Mme Stanley habitait donc, il y a deux ans, un hôtel superbe dans « Peachtree street »,avec son mari et sa belle-soeur. Ils n’avaient pas d’enfant, mais ils avaient acheté, il y a six ans, un jeune chien de chasse irlandais, qui était très affectueux et intelligent; ses maîtres le choyaient beaucoup.

Il y avait deux serviteurs qui quittaient l’hôtel le soir; ils demeuraient en ville.

M. Stanley s’absentait parfois pour une huitaine de jours, de sorte que les deux dames se trouvaient seules avec le chien dans la maison; mais elles n’étaient nullement peureuses. Le jeune ménage habitait le premier étage et leur mère avait sa chambre au rez-de-chaussée. Or, un soir que Mme Stanley était seule, elle se réveilla en proie à une vague inquiétude.

Sa chambre était très grande, et la porte restait ouverte constamment sur une autre pièce où l’on faisait du feu toute la nuit. Le chien avait sa litière près de ce feu, mais il était attaché. Mme Slanley pouvait le voir couché devant le foyer, sans se lever du lit. A la lumière du gaz baissé, elle vit que la pendule marquait minuit cinquante. Il lui sembla tout à coup, dans le silence de la nuit, entendre des pas sourds, quelqu’un qui marchait lourdement; cependant elle n’apercevait rien, les pas semblaient aller de sa chambre au bout de l’autre pièce.

Alors le chien commença à gémir comme s’il était peiné et inquiet. La dame se leva, très inquiète, et alla vers le chien; jamais elle ne l’avait vu en un tel état d’agitation; il voulait sa liberté, elle le détacha donc.

Aussitôt le chien se mit à suivre le bruit des pas qu’il entendait, et il allait d’une pièce à l’autre, tout en grognant et semblait demander ce que cela voulait dire.

Mme Slanley commença à s’effrayer, elle eut recours à la prière et s’écria :

Oh ! Dieu, vous qui savez que je n’ai jamais fait de mal volontairement, protégez-moi contre les puissances des ténèbres; donnez-moi le courage de supporter cette manifestation.

Le son de sa voix semblait amener le calme; les bruits diminuèrent, puis cessèrent tout à fait. Elle se sentit moins nerveuse et attira le chien près d’elle ; il avait la tête couverte de sueur. Elle le caressa et il se recoucha doucement, rien ne le troublait plus.

Le lendemain M. Slanley arriva de voyage; sa femme, encore tout émotionnée, lui fit le récit de ce qui s’était passé dans la nuit, mais elle n’en dit rien à sa belle-mère, et pour cause. Son mari ne voulut rien croire, et lui défendit de lui reparler de « bêtises pareilles. »

Le deuxième jour, Mme Stanley étant couchée se sentit vaguement inquiète; son mari dormait. Elle vit l’heure fatale, minuit cinquante. De nouveau, elle entendit marcher; le chien se mit à pousser des cris plaintifs; elle lui cria de se taire. Tout à coup, M. Slanley s’éveilla el joignant ses mains, s’écria:

Mon Dieu, il y a quelqu’un qui se promène là ! Il voulut se lever, mais sa femme le retint lui disant que c’étaient bien là les pas sourds qu’elle avait déjà entendus une fois. Ils écoutèrent encore, peu à peu les pas cessèrent de se faire entendre. M. Slanley dit alors:

Je connais ces pas; mon père, qui était grand et fort comme moi, avait l’habitude de se promener dans sa chambre en chaussettes, se plaignant d’avoir mal aux pieds. Maintes fois, je l’ai entendu marcher ainsi.

Qu’est-ce que cela signifiait ? Il ne se moquait plus, et était très ému. Sa femme lui répondit, sans le ménager, que c’était un présage pour quelqu’un habitant la maison.

Le jour suivant, à déjeuner, la mère de M. Stanley demanda s’il n’avait pas marché dans la nuit, disant qu’il lui avait semblé aussi entendre des pas étouffés deux jours auparavant, et qu’elle n’y comprenait rien. Mais ses enfants ne répondirent pas sur ce sujet et ne lui donnèrent aucune explication. La vieille dame était en bonne santé. Quelques jours après elle tomba subitement malade et mourut le dixième jour après que l’ eut entendu les pas… à minuit cinquante aussi.

M. Stanley ne veut pas qu’on parle du surnaturel devant lui; mais il ne s’en moque plus.

Depuis ces événements le feu a détruit la maison, qui a été rebâtie mais n’a plus été habitée par les propriétaires qui préférèrent voyager.

La position sociale de la famille Slanley est une garantie de leur bonne foi et ils n’ont aucune raison de raconter ces faits si ce n’est que c’est réellement arrivé.

B. de Laveuzay

«  L’Echo du merveilleux  »   Gaston Mery, Paris, 1907.

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Une réflexion au sujet de « Circonstance étrange »

    sarah a dit:
    août 20, 2014 à 11:42

    :-)) wahh… j’addoorrre le silence « spirite »…:-))…

    Aimé par 1 personne

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