Apparence trompeuse

Publié le Mis à jour le

Jules Mazarin

Un gentilhomme, attaché depuis longtemps au cardinal Mazarin, était fort estimé de ce ministre et pourtant n’en était pas plus riche. Il y avait longtemps que le cardinal l’accablait de promesses.

Un jour s’en trouvant fatigué, il en témoigna de l’aigreur. Le cardinal, qui ne voulait pas perdre l’amitié de cet homme, l’appela dans son cabinet, et, après avoir tâché de lui persuader la nécessité où il avait été jusqu’alors de distribuer les grâces à certaines personnes nécessaires au bien de l’État, il lui promit de songer à lui.

Le gentilhomme, qui ne faisait pas grand cas de ses paroles, s’avisa de lui demander pour toute récompense de lui frapper de temps en temps sur l’épaule, avec un air de faveur, devant tout le monde; ce que fit le cardinal.

En deux ou trois ans le gentilhomme se vit accabler de richesses, seulement pour donner son appui auprès de son Eminence, qui ne lui accordait que ce qu’il aurait accordé à tout le monde, et qui plaisantait avec lui de la sottise de ceux qui payaient si bien sa protection.

Saint-Evremond.

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