Les miracles de Quito

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Les élèves internes qui ont été les témoins du mouvement des yeux de l’image de Notre-Dame de Quito, avec le Père Préfet, Andrés Roesch, et le Contrôleur Adjoint, le Frère Luís Alberdi. Assis à côté du prêtre et du frère, ce sont les trois garçons de onze années qui, le Jeudi Saint de la semaine précédente, avaient prit leur première communion et ont été les premiers à remarquer le prodige.

Le 30 avril 1906, les enfants, au nombre de 36, qui composent l’internat des Pères Jésuites à Quito, venaient de terminer le souper, et le Frère Alberdi se préparait à les conduire à la salle d’études, lorsque entra le Père Préfet. Il donna récréation aux enfants, et se mit à parler aux plus grands élèves de la catastrophe de San Francisco, tandis que les autres jouaient ou causaient à l’ordinaire.

Quatre des plus petits, qui, la veille, avaient fait leur première communion, s’entretenaient de choses pieuses, quand soudain le plus jeune, Jaime Chavez, lève les yeux et, comme poussé par un mouvement intérieur, les porte sur une image de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs qui se trouvait à une distance de trois mètres, appendue à l’un des murs du réfectoire. 0 prodige ! il voit la Vierge ouvrir et fermer lentement les yeux. Sans chercher à s’expliquer ce qu’il voit, il en fait part à ses compagnon qui, pleins de crainte, appellent les professeurs et les élèves. Tous, surtout le P. Roesch, préfet des études, prétendent que c’est une illusion et refusent d’y croire. Ils s’approchent néanmoins, et sont témoins eux-mêmes du prodige qui dure environ un quart d’heure. Sans attendre la fin, le Père préfet conduit les enfants à la chapelle pour le Rosaire.

Cet événement a causé un grand mouvement religieux, non seulement à Quito, mais dans presque toute la République équatorienne. Le changement survenu dans les enfants est admirable. Le miracle s’est répété plus de vingt fois. La deuxième fois, ce fut également en faveur des enfants. Il était 8 heures du soir : les élèves récitaient le Rosaire à la chapelle, où la sainte image avait été transportée. Quant on arriva aux litanies, ils s’écrièrent tous ensemble : « Elle remue les yeux !… » Et, au même instant, les cloches se mirent à sonner, sans que personne les eût touchées.

Comme le peuple demandait avec instance que l’on transportât l’image vénérée de la chapelle privée du collège à l’église publique des Pères Jésuites, on a accédé à son désir. La translation s’est faite avec une pompe extraordinaire. On estime à 30 000 le nombre des personnes qui y ont pris part, sans compter la multitude qui remplissait les rues et les balcons. Le Président de la République, lui-même, Alfaro, y a envoyé la musique militaire et plusieurs détachements de soldats; A l’église, le prodige s’est répété plusieurs fois devant un grand nombre de personnes. Beaucoup de conversions ont eu lieu. La plus remarquable est celle d’un rédacteur du Tiempo, journal libéral des plus impies. Le malheureux journaliste était allé devant la Vierge pour s’en moquer. A peine l’eut-il vue ouvrir  et fermer les yeux que, tombant à genoux, il éclata en sanglots. Depuis, il a donné des preuves non équivoques de la sincérité de sa conversion.

Un autre incrédule était Venu à l’église des Pères Jésuites au moment où le peuple en émoi annonçait que le prodige s’accomplissait. Il se tint debout, sans saluer ni faire la moindre révérence. Il regarda un moment le mouvement des yeux de la Vierge. « Je ne crois pas », dit-il. Et il sortit. Arrivé à la porte, il revint sur ses pas, et, comme la première fois, il considéra le prodige, répétant les mêmes paroles ; il sortit de nouveau. Mais quelque chose l’attirait. Tout troublé, il revint une troisième fois, et, la grâce triomphant de son obstination, il tombe à terre, lui aussi, et sanglote comme un enfant. Depuis lors, il a fait une retraite de huit jours chez les Pères Jésuites.

Le 6 juillet, jour où l’évêque d’Ibarra, D. Frédéric-Gonzalès Guarez, nommé archevêque de Quito, est venu prendre possession de son nouveau siège, le prodige s’est répété trois fois. La dernière fois, c’était à 3 heures du soir, au moment même où le nouvel archevêque faisait son entrée dans la ville.

Un fait si extraordinaire, dont tant de personnes, élèves, Pères, Frères et domestiques du collège, furent témoins, devint l’objet d’un sérieux examen de la part de l’autorité ecclésiastique. Le procès canonique fut mené avec la plus grande prudence.

D’abord, M.le vicaire capitulaire (le nouvel archevêque n’étant pas encore nommé) s’adressa à tous les témoins réunis au nombre de plus de quarante, leur expliquant l’importance et la gravité de la déclaration écrite qu’il allait leur faire signer et qu’ils devraient ensuite renouveler avec serment devant d’autres témoins désintéressés. Puis il recueillit leurs témoignages…

La Commission d’enquête procéda ensuite scrupuleusement à l’examen scientifique du fait en question. On nomma diverses commissions composées de savants, qui devaient rechercher si quelque explication naturelle était possible. Physiciens, chimistes, photographes, médecins, théologiens, délibérèrent longuement ; mais, dans ces commissions, on ne fit intervenir aucun Père Jésuite, afin d’écarter jusqu’au moindre soupçon de partialité ou de connivence intéressée. La calomnie ne se faisait point faute de crier déjà à la réclame, à l’imposture. II fallait la faire taire, lui enlever du moins tout fondement raisonnable.

Lorsque les enquêtes et formalités prescrites par le Concile de Trente ou les Congrégations romaines furent terminées, M. le vicaire capitulaire promulgua à Quito, le 3 juin 1906, un arrêt qui renfermait les trois clauses suivantes :

Le fait qui s’est passé le 20 avril au collège des Pères Jésuites est prouvé comme étant historiquement certain;

Le fait, dans les circonstances où il est arrivé, ne peut s’expliquer par les lois naturelles;

Le fait, tant à cause de ce qui l’a précédé que de ce qui l’a suivi, ne peut être attribué à une influence diabolique.

En conséquence, ajoute le décret, il est permis de le croire d’une foi purement humaine; on peut offrir à l’image qui l’a occasionné le culte public permis par l’Eglise et la prier avec une confiance légale.

Que veut indiquer la Sainte Vierge par ces prodiges ?

« La Croix de Paris. » & « L’Echo du merveilleux. » , Paris, 1907.

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Une réflexion au sujet de « Les miracles de Quito »

    sarah a dit:
    septembre 3, 2014 à 10:35

    l’homme a toujours besoin de valider ce qu’il voit… pour le croire…. 😉 en aura t-il tjours le temps si le Ciel lui tombe un jour sur la tête…. lol…. et avec tous les effets spéciaux d’aujourd’hui, si un tel phénomène arrivait, hum…. c’est plus une réunion ecclésiastique qu’il faudra faire, mais une réunion interplanétaire…quoique ils sont déjà très occupés … à mettre la planète par terre… relol… pardonnez ….;)

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