Le caractère des autruches

autruches
Les autruches sont d’un caractère à peu près aimable. Leur élevage, cette industrie si prospère aujourd’hui en quelques colonies, n’est pas sans présenter quelquefois des dangers tout aussi considérables que ceux de l’élevage des bêtes à cornes en liberté.

M. James Andrew, dans une note présentée à la Société Royale de Tasmanie, nous apprend qu’à l’époque de la reproduction, le mâle de l’autruche devient un animal terrible, d’une susceptibilité farouche, toujours prêt à attaquer, et que l’on ne doit approcher qu’avec les plus grandes précautions. A ce moment, il ne souffre la présence d’aucun visiteur, et s’oppose violemment a l’envahissement des terrains qu’il regarde comme son domaine.

C’est à coups de pied qu’il attaque alors les hommes ou les animaux qui l’approchent. Il balance une patte d’avant en arrière jusqu’à ce que son pied, armé d’une griffe formidable, s’élève assez haut; alors il le fait retomber sur sa victime, avec une force terrible, capable de lui rompre les membres s’il l’atteint avec le plat du pied, et de lui causer des blessures encore plus graves s’il l’atteint avec les doigts armés d’ongles puissants.

On a vu des hommes tués net, d’un seul coup de cette arme redoutable, et M. Andrew cite le fait d’un cheval dont l’arrière-train fut rompu par un de ces coups de pied, destiné au cavalier qui le montait.

Un homme attaqué par un de ces animaux furieux chercherait inutilement son salut dans la fuite; en un instant, l’oiseau l’aurait atteint, et on sait ce qui en résulterait. On n’a d’autres ressources que de se laisser tomber étendu sur le sol, et d’y rester en se soumettant, avec toute la résignation possible, aux coups inévitables et cruels qui seront répétés certainement, à intervalles rapprochés, jusqu’au moment où une occasion se présentera de s’échapper, ou jusqu’à celui où un mouvement de l’autruche permettra de lui saisir la tête. En la tenant alors fortement, et inclinée vers le sol, on empêchera l’animal de poursuivre son œuvre meurtrière.

On n’est pas sauvé cependant dans ce cas. M. Andrew a vu, dans ces circonstances, une autruche calculer assez bien son effort pour s’appliquer à elle-même, sur la tête, un coup si violent, qu’elle s’est brisé le crâne.

« La Science française. » Paris, 1890.
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17 réflexions sur “Le caractère des autruches

  1. Perso, depuis que j’ai été en Afrique, je ne regarde plus certains animaux comme on voudrait nous les « vendre » dans certains parcs. Prenons par exemple le bonhomme éléphant, je dois dire que si j’ai ri de la trompe glissé dans un décolleté à Thoiry, au fond de mon jeep au milieu de la brousse, ce n’était pas du tout du tout le même effet… surtout quand tu vois les oreilles commencer à s’agiter !

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  2. Début des années 2000, j’avais été visiter, avec un groupe de handicapés, une ferme d’autruches au-dessus de Dinant (en Belgique).
    Mon chef de maison n’a jamais voulu croire que cette brave bête était responsable de plusieurs (et là, j’ai un trou de mémoire, ne me rappelant plus si c’était plusieurs centaines ou plusieurs milliers … mais je crois que ce n’était « que » plusieurs centaines, dans les cinq-cinq cents) plusieurs centaines de décès chaque année dans le monde… Plus que les requins !

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    1. J’ai trouvé cette explication:
       » L’autruche est un animal étonnant : d’abord, il fait partie de la famille des struthionidés, ce qui n’est pas donné à tout le monde, vous en conviendrez[1]. Ensuite, c’est un oiseau qui ne vole pas, dont le mâle peut mesurer jusqu’à 2,8 mètres de haut et peser un quintal, et qui, à la course, peut pousser des pointes jusqu’à 70 km/h (du coup, alors que certains pratiquent les courses de chevaux ou d’autres les courses de chameaux, on trouve également des pratiquants des courses d’autruches).

      Ceux qui croient tout connaître des mœurs de cet oiseau savent que, lorsqu’il a peur, il s’enfouit la tête dans le sable, ce qui n’est pourtant pas très efficace pour éloigner le danger. Mais ils ont tort, car ce comportement n’est qu’une légende, même si elle remonte à loin, puisqu’au cours du Ier siècle de notre ère, Pline l’ancien écrivait déjà : « Les autruches sont les animaux les plus stupides du monde. Elles croient se rendre invisibles en plongeant la tête dans le sable ».
      On ne peut qu’admettre que, si elle se comportait vraiment ainsi, l’autruche ferait l’œuf.

      En réalité, l’autruche n’a pas de raison de se cacher vainement comme cela car elle n’a pas vraiment de prédateur : pour éviter un danger, elle a le choix entre sa vitesse de course (en général, elle fuit plutôt) et la puissance de ses pattes dont elle se sert pour donner des coups très violents, capables de tuer un animal comme le lion.
      Et si elle a souvent la tête près du sol, c’est simplement parce qu’elle y trouve une partie de sa nourriture ou pour nettoyer son nid, un trou creusé dans le sable.

      Toujours est-il que cette légende laisse croire que l’autruche refuse de voir le danger et que c’est d’elle que naît notre expression au début du XXe siècle. Mais au siècle précédent, on disait déjà « se cacher la tête comme l’autruche » avec le même sens. »

      [1] D’ailleurs, la famille est très limitée, puisqu’on n’y trouve que deux animaux, deux espèces d’autruche, l’autruche d’Afrique et l’autruche de Somalie qui, bien que la Somalie se trouve aussi en Afrique, est considérée comme une espèce différente de la première. »

      Bonne journée Sarah 🙂

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