Les dés de la mort à Berlin

Publié le Mis à jour le

Parmi les collections du château royal de Berlin, se trouvent deux dés à jouer qui n’ont rien d’extraordinaire quant à leur aspect, mais qu’on appelle les « dés de la mort », pour la raison suivante:

Sous le grand-électeur de Brandebourg, un assassinat commis à Berlin fit grande sensation; il s’agissait d’une jeune fille très belle, courtisée par deux soldats qui furent aussitôt arrêtés. L’un d’eux, Ralph, avait effectivement commis le crime par jalousie contre son camarade Alfred, visiblement favorisé par la jeune fille. La question appliquée aux deux soldats ne put rien en tirer. Le tribunal était perplexe, les deux soldats ayant été vus le soir du crime près de la fontaine où l’assassinat eut lieu.

Alfred ne nia pas avoir parlé avec la jeune fille, et Ralph niait tout. Le prince électeur décida de s’en remettre au jugement de Dieu; les deux soldats devaient jouer leur mort aux dés; celui qui jetterait le plus petit nombre serait considéré comme l’assassin et exécuté. Le prince électeur assistait en grand apparat à la scène. Ralph, l’assassin, prit en riant les dés posés sur un tambour et jeta deux six. Les assistants se regardèrent, car, unanimement, on prenait pour innocent le pauvre Alfred. Celui-ci tomba à genoux, adressa sa prière au ciel el se leva en s’écriant:

« Dieu tout-puissant, protège-moi, tu sais que je suis innocent ».

Il jeta les dés plein d’espérance et avec tant de force que l’un d’eux se divisa en deux fragments: le dé resté entier marquait 6, les fragments de l’autre dé marquait 6 et 1, ce qui faisait en tout 13. Toute l’assistance était émerveillée, mais l’étonnement arriva à son comble lorsqu’on vit Ralph s’affaisser comme frappé de foudre. On eut beaucoup de peine à le ramener à la vie; dès qu’il eut repris connaissance, il avoua son crime. Le prince électeur était très touché. Dieu avait sauvé l’innocent.

(Traduit de Zeitschr f. Spiril., par La Vie Nouvelle.)

« L’Echo du merveilleux. »    Gaston Méry, Paris, 1907.
 

2 réflexions au sujet de « Les dés de la mort à Berlin »

    Éric G. Delfosse a dit:
    septembre 19, 2014 à 5:48

    « Gott würfelt nicht » (Dieu ne joue pas aux dés)
    Albert Einstein en 1927 à un congrès Solvay…

    😆

    Aimé par 1 personne

    sarah a dit:
    septembre 20, 2014 à 11:29

    😉 j’AAAdore… un vrai coup divin… 🙂 😉

    Aimé par 1 personne

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