Le serpent des mers

Publié le Mis à jour le

serpent_merLe Mail, de Toronto, fait remarquer qu’on a tellement pris l’habitude de se moquer du serpent de mer et de considérer ses apparitions comme des illusions d’optique, causées par de trop copieuses libations de whiskey, que beaucoup de gens qui ont vu réellement un de ces monstres des protondeurs auraient honte de l’avouer et gardent leur secret, pour eux.

Le capitaine Mackenzie, de Montréal, n’est pas de ces esprits timorés. Il a vu un serpent de mer, et peu lui importe qu’on le sache et qu’on s’en gausse. Il ne se croit pas tenu de cacher la vérité pour flatter de sots préjugés. Le capitaine Mackenzie était à la chasse aux oies sauvages, dans la baie de Bic, quand il a vu flotter ce qu’il a supposé être un mât de navire. Il a fait force de rames vers l’épave, et il a été aussi terrifié que surpris en reconnaissant que c’était un serpent.

L’animal, de son côté, paraît avoir été très étonné de voir un bateau venir sur lui, car il a élevé la partie antérieure de son corps d’une vingtaine de pieds au-dessus de l’eau en fixant sur le capitaine ses yeux grands comme des soucoupes et flamboyants comme des lanternes de locomotive.La tête avait les dimensions d’un baril. La bouche était énorme et armée de longues dents se terminant en fourche. La peau, rugueuse, était d’un rouge sale, et le capitaine estime à 160 pieds environ la longueur totale du corps. Mais il ne s’est pas arrêté longtemps à contempler le monstre, et, dès qu’il l’a jugé à portée de sa carabine, il lui a envoyé cinq ou six balles. Le serpent a viré de bord et s’est retiré dans une grotte, sous une île voisine, fouettant furieusement les vagues de la queue et laissant derrière lui un sillage sanglant.

Il serait d’une insigne mauvaise foi d’attribuer cette rencontre à un effet de whiskey, car tous les amis du capitaine Mackenzie savent qu’il ne boit que du gin.

« La Revue des journaux et des livres. »  Paris, 1885.

Publicités

5 réflexions au sujet de « Le serpent des mers »

    fanfan la rêveuse a dit:
    novembre 20, 2014 à 8:16

    Belle journée !
    🙂

    Aimé par 1 personne

    delorme a dit:
    novembre 20, 2014 à 5:05

    TOUJOURS AMUSANTES CES HISTOIRES entre 2 verres pour le capitaine mac haddock ha ha ha ! !

    Aimé par 1 personne

    Éric G. Delfosse a dit:
    novembre 24, 2014 à 12:43

    Je ne connais pas sa marque de gin, mais qu’il la garde précieusement : c’est de la bonne !

    J'aime

    Maître Renard a dit:
    janvier 13, 2017 à 2:28

    A reblogué ceci sur Maître Renard.

    J'aime

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.