Influence du moral sur le physique

Publié le Mis à jour le

Edvard_Munch La présente observation authentique mérite d’être extraite des journaux de médecine, en ce qu’elle ajoute un trait touchant à cette mystérieuse histoire de l’influence du moral sur le physique.

Une petite paysanne italienne, Lucia Marini, âgée de dix ans, était depuis longtemps séparée de sa mère, malade à l’hôpital: plusieurs fois elle avait supplié qu’on la conduisît auprès de la malade. Dans un désir si respectable, ses parents  ne virent qu’un caprice; ils refusèrent. La pauvre enfant allait fréquemment à l’église épancher sa douleur. Un jour, on la trouva au pied de l’autel, sanglotant et presque privée de connaissance. Bientôt après apparurent les symptômes d’une affection de l’axe cérébro-spinal, tels que délire, impossibilité de se tenir debout, etc. On lui appliqua des sangsues à la tête et un séton à la nuque. Tous les symptômes disparurent, excepté la paraplégie; et pour qu’elle en fût traitée, on la fit entrer à l’hôpital.

A peine est-elle au lit, qu’elle demande en pleurant la permission de voir et d’embrasser sa mère. Emu de compassion au spectacle de cette douleur si vraie, le médecin ordonne que le désir de l’enfant soit satisfait. Un infirmier prend dans ses bras la petite paralysée, et la mène où son cœur l’appelle. Dès qu’elle aperçoit sa mère, la petite se jette à son cou; elle la couvre de baisers, veut savoir comment elle se porte, demande à l’entendre parler, et ne peut se rassasier de la voir et de la caresser.

Après quelque temps laissé à ces tendres épanchements, on invite Lucia Marini à quitter sa mère, assez gravement malade et on se disposait à l’emporter, lorsque la chère enfant, se levant sur ses pieds, s’écria, en sautant de joie, qu’elle avait recouvré l’usage de ses jambes et elle regagna en effet son lit sans aide, sans efforts, sans fatigue. A partir de ce moment, jusqu’à sa sortie, qui eut lieu au bout de dix jours, elle ne présenta aucune trace de maladies; et elle passait ses journées auprès de sa mère, la consolant, la soignant.

« L’Ami des sciences. »  Victor Meunier, Paris, 1855.  

Tableau: « L’enfant malade. »    Edvard Munch

2 réflexions au sujet de « Influence du moral sur le physique »

    fanfan la rêveuse a dit:
    décembre 29, 2014 à 9:38

    Le mental a un grand pouvoir, nous ne pouvons imaginer à quel point… Voilà déjà bien longtemps que j’en suis certaine…Les maux des mots ne sont pas imaginatifs mais belle et bien réalité…

    Aimé par 2 personnes

    jmcideas a dit:
    décembre 30, 2014 à 11:45

    C’est incontestable! à tel point point que le clochard ne pourrait tenir sa vie sur le quai, sans son litron de rouge -sic-

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