Le sourcier

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sourcier

Ce personnage est doué, par la nature et l’étude, de la faculté singulière de découvrir les sources d’eau cachées dans le sein de la terre, et a rendu de grands services de ce genre dans vingt quatre départements qu’il a déjà parcourus.

Dans une importante commune d’un département, l’abbé Paramelle fut un jour appelé à l’effet d’indiquer une source suffisante pour amener une fontaine jaillissante publique. Le géologue accourut, et le jour même de son arrivée la source était trouvée. Ce résultat si heureux pour la ville ne fut pourtant pas également apprécié. Le peuple travailleur y applaudit de grand cœur; mais chez quelques gros bonnets, il en fut autrement. D’autres projets avaient été faits, et on se mit à discuter s’il était bien possible qu’il y eût une source là où l’abbé Paramelle l’avait indiquée, et cela sans que personne s’en fut douté avant lui. L’esprit de parti, qui gâte toujours tout, avait passé par là.

Cependant le maire fit creuser, et on trouva la source précisément comme l’avait annoncé le savant hydroscope. Mais les opposants ne se tinrent pas pour battus…; au contraire, ils eurent la majorité au sein du conseil municipal qui déclara:

« Que la source inventée par M. l’abbé Paramelle, n’étant pas une source, il n’y avait pas lieu de construire la fontaine projetée. »

Le maire, fort embarrassé de cette délibération singulière, écrivit à Saint-Céret, priant M. l’abbé Paramelle de vouloir bien l’aider, par une démonstration synthétique, à réfuter victorieusement les objections de la majorité. Mais le géologue n’en fit rien. Il se souvint des paroles de l’Evangile, et répondit simplement au maire:

« Mon opinion est que c’est une source, et qu’il faut se hâter de construire la fontaine projetée. Ceux qui seront de mon avis iront y puiser l’eau dont ils auront besoin, les autres pourront toujours aller à l’abreuvoir. »

La lettre fut lue on conseil municipal, et personne, dit-on, ne voulut aller à l’abreuvoir.

« Les soirées amusantes. »  C. Dillet, Paris, 1874.

4 réflexions au sujet de « Le sourcier »

    nuage1962 a dit:
    avril 7, 2015 à 12:13

    j’aimerais bien voir ca une fois dans ma vie

    Aimé par 2 personnes

    Un AVIS : Petit blog avisé?? a dit:
    avril 7, 2015 à 1:51

    D’une justesse absolue ce raisonnement !!! 🙂
    Comme on dit aussi : « Vous n’aimez pas! Et bien n’en privez pas (ou dégoutez pas) les autres » 😉

    Aimé par 1 personne

    Éric G. Delfosse a dit:
    avril 7, 2015 à 9:35

    J’ai toujours été assez mitigé quant aux réelles possibilités des radiesthésistes.
    J’en sais capables de trouver une source et d’en définir la puissance (le nombre de mètres cubes qui va jaillir à l’heure), et de dire à un mètre près à quelle profondeur il faut creuser, et par contre, j’en connais qui se trompent régulièrement, à un point tel qu’on se demande si, quand ils découvrent une source, c’est le hasard ou s’ils ont réellement senti quelque chose.

    Je me rappelle d’un test réalisé avec des radiesthésistes (radiesthésistes, sourciers, géobiologues, …).
    Imaginez un endroit aux volets clos, dans lequel on accède après une succession de couloirs et de pièces également « verrouillés » à la vue vers l’extérieur (pour éviter que ce ne soit trop facile en se rappelant où se trouvait le soleil en entrant dans la pièce).
    Une fois quelques radiesthésistes réunis dans cet endroit, on annonce qu’on va couper la lumière durant une minute, et que chacun va devoir essayer de « sentir » dans quelle direction se trouve le nord (quelque chose de facile pour un radiesthésiste, en principe). Une fois le nord « ressenti », chaque radiesthésiste devra rester avec la main tendue vers la direction qu’il croit la bonne…
    On éteint, on rallume : pas deux mains dans la même direction !!!

    D’un autre côté, j’ai vu un jour un radiesthésiste à l’œuvre lors d’une recherche d’une personne disparue.
    La spécialité du bonhomme était la recherche « médicale », pas la recherche des choses ou personnes disparues, mais il avait accepté de faire l’essai, pour me faire plaisir…
    Avec la photo de la personne, il a commencé par définir l’état physique et physique de la personne… Avec assez de justesse, comme ça a été constaté le lendemain… Mais, bon, après tout, c’était sa spécialité.
    Puis il a essayé de « voir » où la personne se trouvait.
    Il n’a pas pu donner l’adresse exacte, mais a quand même « senti » la présence de la personne dans un carré d’une cinquantaine de mètres de côté dans la ville de Namur ! Alors qu’on ne savait même pas si la personne se trouvait dans Namur (et dans un quartier où elle ne mettait jamais les pieds jusqu’alors).

    Aimé par 1 personne

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