La bouteille enchantée

Foire

Un paysan de l’endroit ayant subi une suite de malheurs ne savait plus payer le loyer de sa ferme. Réduit à toute extrémité, il se décida à aller vendre au marché de la ville voisine, sa dernière vache. Arrivé à mi-chemin il rencontra un nain, celui-ci lui parla, le paysan lui raconta ses malheurs, et le nain lui offrit de racheter la vache. Le paysan refusa d’abord avec mépris, puis finalement accepta. Le nain prit la vache et dit au paysan qu’il ne pouvait donner en payement qu’une bouteille, mais que celle-ci ferait le bonheur de son propriétaire. Après discussion, le paysan accepta et ramena la bouteille chez lui.

Conformément aux indications données par le nain, il ordonna à sa femme de très bien nettoyer la partie de la table sur laquelle il mettait la bouteille et prononça ces paroles: bouteille, fais ton oeuvre ! Il en sortit de l’or et de l’argent en abondance, et cela se répéta chaque fois que le paysan prononça la formule. Le fermier devint très riche.

Mais voilà que son voisin à son tour joua de malheur, perdit tout son bétail et fut réduit à la misère. Le paysan eut compassion de lui et lui prêta sa bouteille, lui indiquant le moyen de s’en servir. Il devint très riche à son tour.

Cependant le premier paysan perdit encore tout son avoir et se décida à aller vendre au marché sa dernière vache. Il espérait rencontrer en route le nain qui lui avait acheté l’autre. A son grand dépit il ne le vit pas. Il l’appela à haute voix tant, qu’à la longue le nain se trouva brusquement à côté de lui. Il lui offrit sa vache; le nain lui répondit qu’il avait encore une bouteille, mais qu’il ne savait pas si elle valait la première. La paysan l’accepta cependant. Rentré chez lui, comme la première fois, il observa les instructions du nain et ne voilà-t-il pas que de la bouteille sortirent deux diables noirs armés de gourdins qui rossèrent d’importance mari et femme, puis rentrèrent dans la bouteille.

Le paysan reboucha celle-ci puis porta la bouteille chez son voisin qui détenait toujours la bonne bouteille. Il lui expliqua que cette bouteille-ci valait bien l’autre. Le paysan l’expérimenta, et les deux diables rossèrent d’importance toute la maisonnée, au point que le fermier demanda grâce. Son voisin lui offrit de reprendre la sinistre bouteille, à condition qu’il restituerait la première. Sous la menace de voir réapparaître les deux diables, il finit par y consentir. Le premier paysan rapporta chez lui les deux bouteilles, laissa soigneusement bouchée celle aux diables, et fit constamment appel aux services de l’autre. Il devint immensément riche, et sa fille épousa un prince de la famille royale.

Conte de Linden.

Publicités

3 réflexions sur “La bouteille enchantée

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s