La ronde des fées

Publié le Mis à jour le

William Blake
William Blake

Les traditions celtiques nous représentent les fées comme s’adonnant à la danse. La place où elles ont dansé est aisément reconnaissable; elle est circulaire, et l’herbe y est comme brûlée. C’est ce que le peuple appelle cercle des fées. Il y en a de deux sortes: les uns avec un gazon vert, au milieu d’un contour desséché, et les autres pelés au centre, mais entourés à la circonférence d’un gazon plus épais et plus frais que le reste de la prairie.  

Toutes ces danses ont quelque chose de magique, et cela le plus souvent en raison de la musique qui les accompagne: c’est à ce titre que nous eu parlons ici comme d’un véritable enchantement. Les femmes des elfes se rassemblent ordinairement au clair de la lune, à minuit. Si alors quelqu’un entre dans leur cercle, il peut les voir, mais à la condition d’errer sans fin. Elles mènent leurs rondes dans les hautes herbes avec tant de grâce et de légèreté, que rarement elles obtiennent un refus lorsqu’elles présentent la main à un jeune étourdi.

Voici comment on décrit une pareille danse des fées de la Normandie:

« La nuit, sous les rais les plus limpides de la lune, elles se rassemblent pour former une ronde, et sans courber le brin d’herbe sous leurs pas, sans effleurer le sol, elles dansent, ou plutôt glissent au son d’instruments mélodieux. Malheur à l’imprudent qui s’approche de ces mystérieuses coryphées ! un vertige irrésistible l’entraîne à prendre part à leur séduisant plaisir. D’abord accueilli avec grâce, encouragé avec complaisance, le profane se félicite de son audace. Mais, bientôt, le cercle magique redouble de vitesse, tournoie sans relâche, s’élance, bondit, puis se rompt avec effort et laisse échapper l’infortuné qui tombe épuisé contre le sol. Quelquefois même, comme trait final, les fées malicieuses s’amusent à lancer leur partenaire à une hauteur considérable, et si la mort ne suit pas cette chute, il se retrouve au matin brisé de contusions, endolori de meurtrissures.« 

« Essai sur les principaux mythes… »  Jean-Georges Kastner, Paris, 1858.

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3 réflexions au sujet de « La ronde des fées »

    Éric G. Delfosse a dit:
    avril 20, 2015 à 12:08

    M’enfin… Rhalala, qu’est-ce qu’on ne raconte pas sur ces pauvres fées !
    Jamais, au grand jamais, elle ne m’ont lancé en l’air, ces braves dames ! Et « après », je ne suis jamais retombé épuisé sur le sol : elles ont au moins eu l’amabilité de me laisser me reposer dans leur lit !
    Mais, bon, il est vrai que, jusqu’à présent, je ne connais – intimement – que des fées bretonnes, pas des fées normandes… 😉

    Aimé par 3 personnes

    laurent domergue a dit:
    avril 21, 2015 à 8:32

    Il est un fée , en Normandie ya d’la « sort céllerie  » sur le gazon …!!!

    Aimé par 2 personnes

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