Les oiseaux chirurgiens

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Léon Danchin
Léon Danchin

M. Fatio a fait récemment à la Société de physique générale, une intéressante communication sur les oiseaux chirurgiens. Ces volatiles qui montrent dans la construction de leurs nids une habileté merveilleuse sont aussi des « opérateurs » remarquables.

M. Fatio a spécialement étudié dans ce rôle la bécassine, bécasse de petite espèce qu’il signale à notre admiration bien méritée. D’après lui, ce volatile n’a pas son pareil pour pratiquer avec le seul concours de son bec et de ses pattes un
pansement sommaire, appliquer un emplâtre sur ses plaies, faire même une ligature à un membre blessé.

Le Médical Record rapporte quelques-uns des cas cités par M. Fatio.

Une bécassine, blessée une première fois puis tuée à la chasse, portait sur son ancienne blessure une espèce de pansement, tampon fait d’un duvet pris sur les autres parties du corps et agglutiné avec du sang caillé.

Une autre bécassine, qui avait eu les pattes et les ailes cassées par le plomb, avait à chaque patte un pansement de même genre plus ingénieusement disposé encore. Malheureusement l’oiseau, incapable de se mouvoir, était mort de faim à la place où il était tombé.

Mais le grand prix de chirurgie revient à la troisième bécassine observée par M. Fatio.

Celle-ci, ayant eu un membre brisé, avait interposé à hauteur de la fracture, et dans le sens de la longueur de la patte, deux petites brindilles de bois léger, maintenues par quelques plumes recouvertes de mousse, entourées d’une feuille roulée en spirale et le tout hermétiquement fixé comme par une sorte de glu.

Un grand chirurgien français (l’inventeur des fameuses pinces à artères) paria un jour de couper une jambe en cinq minutes, montre en main. Il commença l’opération en habit de ville sans tablier protecteur, et l’acheva prestement sans qu’une goutte  de sang eût éclaboussé l’immaculée blancheur de ses manchettes.

Certes nos volatiles n’en sont pas là encore. Convenons cependant que ce qu’elles font n’est pas mal déjà, pour des… bécasses.

« Gazette de France. » Paris, 1903.

Une réflexion au sujet de « Les oiseaux chirurgiens »

    juliette a dit:
    mai 15, 2015 à 3:48

    et bien quelles intelligentes bécassines !!! c’est époustouflant

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