Le livre à deux sous

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Il y a quelque temps, un petit forgeron de Londres passant devant l’étalage d’un bouquiniste, acheta sans trop savoir pourquoi un méchant petit livre marqué deux sous. Arrivé chez lui il feuilleta son acquisition et constata que c’était un texte latin imprimé en vieux caractères difficiles à lire.

—  Je suis volé, pensa le bonhomme, et il jeta le volume au fond d’une armoire.

Quelques semaines plus tard, un voisin entra chez le forgeron au moment où celui-ci furetait dans son armoire, à la recherche d’un outil égaré.

Le visiteur aperçut le bouquin, l’entrouvrit, mais malgré ses efforts il ne put guère déchiffrer que la date : 1450.

Toutefois ce millésime attira son attention, et il dit à son ami :

Cela vaut peut-être quelque chose. Confie-le moi, j’irai me renseigner.

Le forgeron haussa les épaules :

Ça ne vaut rien, mais fais ce que tu voudras. 

L’autre alla présenter le volume au secrétaire du British Muséum qui fit aussitôt venir le forgeron et fui tint ce langage :

—  Je vous offre 1 500 francs de ce livre. Voulez-vous me le céder à ce prix ?

L’heureux homme était tellement étonné qu’il ne répondait pas, et le secrétaire de continuer :

En voulez-vous 2 000 ?

Le marché fut conclu sur-le-champ, Or, il paraît que ce petit volume, pêché au hasard dans la boîte à deux sous, serait tout simplement le premier livre imprimé par Gutemberg, et vaudrait plusieurs fois la somme acceptée par le forgeron.

Les connaisseurs assurent que pour avoir ce précieux bouquin, le secrétaire du British Muséum eût facilement poussé l’enchère jusqu’à 200 et même 400 guinées, plus de 10 000 francs !

« Magazine hebdomadaire français. » Paris,1903.

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2 réflexions au sujet de « Le livre à deux sous »

    jmcideas a dit:
    mai 21, 2015 à 12:43

    Mon bouquin:
    Rien n’est plus ordinaire que de publier son propre ouvrage, .. il ne faut pas omettre de le dater de plusieurs siècles passés!
    Il y prendra toute sa valeur…
    L’orthographie et le langage doivent, bien-sûr, se situer en bon lieu, mais le prix, chez les bouquinistes, en vaut la chandelle!
    Quelconque pamphlet d’époque peut très bien se vendre au mieux !

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    jmcideas a dit:
    mai 21, 2015 à 12:55

    NB: j’ai fait relier ‘à neuf’ un ouvrage sur les « batailles marines », qui a un certain succès.

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