La fabrication des nez en Amérique

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Un riche Américain privé de son nez, avait acheté le bras d’un ouvrier solide et bien portant, pour y prélever la petite quantité de chair, qui était nécessaire au complément de sa figure. On la lui avait même vendu assez cher.

C’est sans doute pour ne pas avoir à supporter cette dépense, que, voulant gratifier d’un nez un individu qui n’en avait jamais eu, un chirurgien se servit du doigt de l’individu même; toujours en Amérique, à Philadelphie. Il pratiqua entre les yeux du patient une ouverture triangulaire, où il plaça son petit doigt, dont, auparavant, il avait enlevé l’ongle; il cousit la peau de la face à la peau du doigt et le disposa avec l’inclinaison nécessaire pour bien représenter le nez.

Puis le buste fut enveloppé dans une masse de plâtre, afin de rendre la main absolument immobile, tandis que la tête était aussi tenue en place par un appareil spécial.

Et maintenant, il faut attendre trois semaines, au bout desquelles on espère que les os seront soudés entre eux. On procédera alors à l’amputation d’une phalange du petit doigt, et on habillera l’ossature avec la peau du front et du cou.

Ce ne sera peut-être pas joli, joli; mais le patient pourra se moucher comme tout le monde… si l’opération réussit.

« Touche-à-tout. Revue hebdomadaire. »  Paris, 1904.

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5 réflexions au sujet de « La fabrication des nez en Amérique »

    ermite-athee a dit:
    juillet 11, 2015 à 12:48

    Mais…il ne pourra pas se  » curer  » les narines avec le petit doigt …heuuu lol

    Aimé par 2 personnes

    mademoiselletitam a dit:
    juillet 11, 2015 à 11:48

    C’est comme le principe de la « greffe italienne », que ce sont d’ailleurs réappropriés les chirurgiens au cours de la Première Guerre mondiale, pour réparer les gueules cassées :). Elle avait été développée par Tagliacozzi au 16ème siècle (le pauvre en fut excommunié). La contrainte essentielle résidait dans la position extrêmement pénible imposée au blessé. Le bras était immobilisé contre le visage mutilé par un appareil métallique. Le blessé devait rester dans cette position pendant deux ou trois semaines pour permettre au lambeau, détaché du bras et apposé sur la partie absente, d’assurer la vascularisation de la greffe: http://www.biusante.parisdescartes.fr/1418/part2f2.htm, et http://www.biusante.parisdescartes.fr/1418/part2f4.htm 😉

    Aimé par 1 personne

      gavroche60 a répondu:
      juillet 11, 2015 à 11:57

      Je connaissais cette chirurgie, mais je la pensais toute récente…
      Merci pour les liens 🙂

      Aimé par 1 personne

    jmcideas a dit:
    juillet 13, 2015 à 7:51

    Le problème suivant a-t-il été totalement solutionné
    Celui de la greffe de peau (connu)- il est classique de prélever la peau sur la cuisse par exemple pour la poser, par couture, à un autre endroit (sujet d’une opération)…le drame qui subsiste est que cette peau d’emprunt ne possédera jamais les caractéristiques d’origine > elle ne se reconstituera pas de la même manière et restera extrêmement fragile aux coupures, griffures, crème nettoyante, et au coup-de-soleil, et ne sera jamais non plus, poilue, etc..
    {la seule peau solide et bien tendue est celle du cul !} 😀

    Aimé par 1 personne

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