Mariés à cheval

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couple-cavaliers

Le petit village, ordinairement si paisible, de Henryville, comté de Clark (Indiana), a été dernièrement le théâtre d’une scène aussi romanesque qu’extraordinaire.

Tandis que le révérend Seymour Guernsey officiait dans sa petite église, vers sept heures et demie du soir, les fidèles ont été interrompus dans leurs dévotions par ces cris venant du dehors :

« Holà ! eh ! les hommes d’église ! »

Un des sacristains est sorti pour voir ce que cela voulait dire et n’a pas tardé à reparaître en annonçant qu’il y avait à la porte un jeune homme et une jeune fille demandant à être mariés sur-le-champ, car ils paraissaient très pressés. Le révérend Guernsey, devinant sans doute de quoi il s’agissait et un peu aussi, probablement, pour ne pas manquer l’occasion d’augmenter son maigre casuel par cette aubaine, a cru devoir suspendre le service et est sorti, à son tour, pour aller au-devant des amoureux.

Il les a trouvés montés sur des chevaux haletants, couverts de sueur et la bouche écumante, comme s’ils venaient de faire une longue course au grand galop.

Le jeune homme, un nommé Martin Mall, en voyant approcher le clergyman, lui a brièvement expliqué, sans descendre de sa monture, qu’il venait du comté de Washington avec miss Sarah Pixley, qu’il avait enlevée; qu’ils étaient poursuivis par le père de la jeune fille et qu’ils désiraient être mariés incontinent. En même temps, Mall tendait au révérend un permis de mariage qu’il s’était fait délivrer dans le comté de Washington avant d’enlever sa fiancée.

Pendant ces pourparlers les fidèles étaient sortis de l’église et s’étaient groupés autour des deux cavaliers et du clergyman, contemplant avec intérêt cette scène étrange.

Après avoir jeté un coup d’oeil sur le permis et sans demander d’autres explications aux amoureux, le révérend Seymour, se rendant compte de la gravité de la situation, leur a dit de se donner la main du haut de leurs chevaux et les a mariés en présence des fidèles ébahis.

II n’avait pas plutôt fini de prononcer les paroles sacramentelles, que les nouveaux mariés repartaient au grand galop, en disant, pour s’excuser, que, s’ils s’attardaient plus longtemps, « le vieux » Pixley ne tarderait pas à les rejoindre.

« La Revue des journaux. » Paris, 1885.

 

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16 réflexions au sujet de « Mariés à cheval »

    Éric G. Delfosse a dit:
    juillet 18, 2015 à 11:11

    Haaaa, la bonne vieille époque de la rome antique !!!

    Aimé par 2 people

    fanfan la rêveuse a dit:
    juillet 19, 2015 à 8:55

    Bon dimanche Gavroche !
    🙂

    Aimé par 1 personne

    Le petit blog avisé?? a dit:
    juillet 19, 2015 à 10:48

    Il me semble que pour qu’un mariage soit définitif (et que le papounet poursuiveur ne le casse pas) il faut qu’il soit consommé…. là…. à cheval ça va être casse-figure non?! 😉

    Aimé par 1 personne

    jmcideas a dit:
    juillet 19, 2015 à 12:08

    A cette allure, on n’a pas le temps réaliser son illusion
    On peut fortement penser que le mariage étant prononcé aussi vite, le cheval, lui-seul, sait, qu’il reviendra à la même allure, pour prononcer le divorce …:D

    Aimé par 1 personne

    Maître Renard a dit:
    septembre 5, 2016 à 11:26

    A reblogué ceci sur Maître Renard.

    J'aime

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