La violette emblème bonapartiste

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violettes

Le Pall Mall Gazette a reproduit récemment des détails sur l’histoire de la violette, comme emblème bonapartiste. Un de ses lecteurs anglais lui adresse, à ce propos, une note sur une petite gravure coloriée qui se trouve dans sa maison depuis 1820 ou 1821.

Cette gravure représente un bouquet de violettes où l’on retrouve aisément les profils de Napoléon et de Marie-Louise penchés sur leur enfant endormi. C’est une copie de celle qui était alors si répandue à Paris, copie publiée par Wallis de Londres et Sidmouth, sans date. Au bout du papier se trouve la notice suivante, sous le titre de : Caporal la Violette :

« Napoléon, à son départ pour l’île d’Elbe, avait promis à ses amis de revenir à la saison des violettes. Ses partisans adoptèrent cette fleur comme emblème de ralliement. Ainsi, buvaient-ils fréquemment à la santé du « Caporal la Violette » et portaient une bague ornée d’une violette émaillée, avec la devise : Elle reparaîtra au printemps ! Quand la nouvelle du débarquement à Fréjus se répandit dans Paris, toutes les marchandes de fleurs se munirent de violettes et elles en vendirent une énorme quantité.

Les gens qui n’étaient pas initiés ne comprenaient rien à cette vogue subite de la modeste fleurette. Quant aux bonapartistes, ils ne manquaient pas, en rencontrant un homme muni d’un bouquet de violettes, de lui demander : Aimez- vous la violette ? S’il répondait, naïvement : Oui, l’affaire en restait là. Au cas où la réponse était : Eh bien ? on savait avoir affaire à un adhérent de la cause bonapartiste, et l’on répliquait en manière de mot d’ordre : Elle reparaîtra au printemps ! ».

Le collectionneur anglais qui avait recueilli cette petite gravure de circonstance ne partageait évidemment pas les passions bonapartistes, car il avait écrit au verso un quatrain dont voici le sens littéral :

« Napoléon a choisi la violette comme emblème pour consoler ses amis et tromper ses adversaires. Qu’il s’y tienne et trouve, à son dam, que la violette meurt toujours avant la chute des feuilles ! »

« La Revue des journaux et des livres. »  Paris, 1886.

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