La vagabonde

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Georges-AVRIL.

Autrefois, les bons loufoques adoraient un pauvret, couché tout nu dans sa crèche de paille ! Ils l’adoraient sur la foi d’une histoire ancienne, dont le sens s’est perdu en route :

Une nuit, il y a longtemps, et c’était loin d’ici, la neige tombait et l’on gueuletonnait en famille dans les turnes bien rembourrées de la ville.

Une pauvre bougresse de vagabonde, prise des douleurs de l’enfantement, se traînaillait de porte en porte, chassée par les larbins qui à grands coups de balai l’envoyaient paître, blaguant son gros ventre.

Rebutée par les hommes, elle entra chez les bêtes.

Dans une écurie, où le vent faisait ses galipettes, où la pluie et la neige arrosaient le sol, elle fut accueillie par un bœuf et un âne. Là, sur la paille, toute trempée autant par ses larmes que par la lance, elle mit au monde un petit bougre.

Celui-là même qui, ayant atteint l’âge d’homme, devait crampser, torturé par la potence, insulté par les richards et les puissants ; et tout ça parce qu’il avait eu l’aplomb de proclamer le triomphe des pauvres.

L’histoire est toute simplette et bougrement instructive nom de dieu ! N’empêche que les cléricochons l’ont si bien fardée qu’ils en ont fait une leçon de lâcheté, au lieu d’un galbeux exemple de révolte et d’amour désintéressé.

Émile Pouget. « Almanach du Père Peinard. » Paris, 1896.
Illustration : Georges Avril, 1994.

 

6 réflexions au sujet de « La vagabonde »

    Éric G. Delfosse a dit:
    décembre 11, 2015 à 12:41

    Pas bien compris : ils parlent de la naissance de Sarkozy ou de celle de Hollande ?

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      carnetsparesseux a dit:
      décembre 11, 2015 à 12:44

      ces deux là ne sont pas nés, ils sortis de la cuisse de l’Ena en complet-veston-stylo-bille.

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    carnetsparesseux a dit:
    décembre 11, 2015 à 12:42

    hé bien je connaissais les ratichons, les corbeaux, les croâ-croâs (une variante), mais pas les cléricochons : un mot-valise pas mal ficelé, à défaut d’être élégant 🙂

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      gavroche a répondu:
      décembre 11, 2015 à 12:46

      Ah !!! le langage fleuri du Père Peinard 🙂

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      francefougere a dit:
      décembre 11, 2015 à 1:59

      Je plains l’auteur de cette élucubration qui veut jouer les  » esprits forts », mais c’est tout le contraire. Il a dû être très malheureux et/ou privé de crèche et /ou de l’amour d’une mère, ce qui provoque des carences affectives bien connues !

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    francefougere a dit:
    décembre 11, 2015 à 1:33

    Cette fois, je n’apprécie pas… un peu de respect simplifie les relations humaines. N’est-ce pas important ? Je respecte les non-croyants qui ne sont pas agressifs ni grossiers, ce que je n’accepte en aucune situation. A une autre fois. Quelquefois, j’indique mes limites !

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