Les bons de tabac

Publié le Mis à jour le

maréchal-Canrobert.

Il est des anniversaires qui semblent insignifiants et qu’il convient pourtant de rappeler. Voici soixante ans que fut institué le bon de tabac par l’illustre maréchal Canrobert.

L’affection et l’amour du maréchal pour les soldats sont connus. Sa préoccupation constante était d’assurer leur bien être matériel. C’est pourquoi il provoquait fréquemment leurs réclamations. En 1854, au cours d’une tournée d’inspection qu’il faisait à Lunéville, il avise dans les rangs un soldat à la physionomie franche et intelligente et lui pose les questions d’usage :

Es-tu content de l’ordinaire ? La soupe est-elle bonne ?
Enchanté, monsieur le maréchal. Mais ça manque de tabac !
Comment, ça manque de tabac ?
Mais oui, monsieur le maréchal, on nous interdit d’en acheter aux contrebandiers et celui de la régie coûte cher. Dame ! un sou par jour !
C’est bien, dit le maréchal : tu auras satisfaction.

De retour à Paris, le maréchal n’oublia pas sa promesse. Quinze jours après, une décision ministérielle instituait les bons de tabac. Et depuis lors, les bons ont été distribués régulièrement.

Le troupier français, qui en bénéficie tous les dix jours, a-t-il encore un souvenir pour le brave Canrobert ?

« Nouvelles de France : chronique hebdomadaire de la presse française. » Paris, 1914.
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13 réflexions au sujet de « Les bons de tabac »

    karouge a dit:
    février 1, 2016 à 11:00

    Ce que l’Histoire ne raconte pas, c’est que le maréchal Canrobert fit, quelques semaines plus tard, une inspection dans un autre escadron. Dans celui-ci se trouvait un troupier rigolard qui ne manquait pas d’humour. C’était un comique troupier. A la question :
    — Es-tu content de l’ordinaire ? La soupe est-elle bonne ?
    — Enchanté, monsieur le maréchal. Mais ça manque de pétards !
    L’affection et l’amour du maréchal pour les soldats sont connus.
    En 1854, les pétards n’avaient pas le même sens qu’à notre époque (à nous, lecteurs). C’est ainsi qu’au campement l’on vit arriver, dans de belles charrettes, tout un contingent de jolies femmes aux fesses callipyges.
    -ah! soupirèrent les hommes, que la guerre est jolie! (mais, comme toujours, ils se trompaient, les guerres étant toujours effroyables).

    Aimé par 8 personnes

    fanfan la rêveuse a dit:
    février 2, 2016 à 7:41

    Bonne journée Gavroche !
    🙂

    Aimé par 2 personnes

    francefougere a dit:
    février 2, 2016 à 3:12

    et ça a aidé les pauvres poilus pendant la guerre … on ne lésinait pas sur le tabac ni l’alcool…
    hélas

    Aimé par 2 personnes

    Un petit blog avisé?? a dit:
    février 6, 2016 à 12:27

    Oh là ! Les fameuses « troupes » (gauloises troupes) qui t’arrachaient la g…. Huuu j’en ai fumé quelques unes ! Mais je ne savais point qu’on les devait à cet homme là 🙂

    Aimé par 1 personne

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