La légende de la huppe

Publié le Mis à jour le

huppe-Gérard-JOYON

La huppe, oiseau commun dans nos pays, de la famille des passereaux, est un insectivore migrateur; qui rôde sans cesse sur le sol à la recherche des insectes qui lui servent de nourriture. Elle nous arrive vers les premiers jours d’avril, niche chez nous dans les pays de plaines humides, et nous quitte aux premiers jours d’automne.

La huppe doit son nom à une double rangée longitudinale de longues plumes rousses avec une pointe noire qui surmontent sa tête. Sa taille est à peu près celle du merle, la couleur générale du corps est un gris rougeâtre, la queue est noire avec une bande transversale blanche. Les ailes sont rayées de noir et de blanc, le bec noir est très long, arqué, se recourbant en-dessous par la pointe. En somme l’aspect de la huppe est élégant, original, mais ce bel oiseau a dans nos campagnes une réputation étrange dont est venu un proverbe populaire : « Malpropre comme une huppe », dit-on communément et cette comparaison s’explique par la façon dont l’oiseau se conduit à l’époque des nichées.

Contrairement à la généralité des oiseaux qui ont le plus grand soin de garder leur nid en un état d’extrême propreté, la huppe (qui le place d’ordinaire dans un creux d’arbre ou de rocher) le tapisse d’abord de fiente, de fumier, puis quand les petits sont nés, y laisse s’accumuler leurs déjections, les siennes, et les débris d’insectes qu’elle apporte. De telle sorte que bientôt ce réduit devient un lieu absolument infect dont l’odeur s’imprègne fortement dans le plumage des jeunes et des parents. Les rustiques, qui, à cause de cette infection normale ont donné à la huppe le surnom de puput, ont une légende sur cette particularité.

Ils disent qu’à l’époque de la création des oiseaux, le bon Dieu fit donner à tous l’ordre de venir s’entendre avec lui sur la nature des matériaux qu’ils devraient employer à la construction de leur nid. Tous s’empressèrent donc de venir. Or le créateur leur indiqua successivement les divers matériaux… Le partage général était fait quand la huppe paresseuse arriva:

Seigneur, avec quoi construirai-je mon nid ? demanda-t-elle.
Avec ce que tu pourras trouver, car je n’ai plus rien à t’indiquer.

Et la huppe s’en alla, qui, l’époque de nicher venue, ne trouva rien autre que les ordures dont les autres oiseaux ne voulaient pas. Force lui fut bien de les prendre.

Et voilà pourquoi, d’après nos campagnards, l’on dit avec raison : « Malpropre comme une huppe ».

« Musée des familles. »  Charles Delagrave. paris, 1897. 
Photo : Gérard Joyon.
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Une réflexion au sujet de « La légende de la huppe »

    Maître Renard a dit:
    septembre 22, 2016 à 11:25

    A reblogué ceci sur Maître Renard.

    J'aime

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