Le veau de Courbet

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Gustave Courbet, alors qu’il séjournait à la Tour-de-Peilz, s’en fut un jour en visite chez M. X… qui possédait aux Ormonts de vastes étables. Un jeune veau, crotté jusqu’à l’échine, gambadait dans le pré. Il symbolisait si bien, aux yeux de Courbet, les attraits de la campagne, qu’il voulut le peindre.

Quelques jours après, il revint. Il se félicitait du tableau qu’il allait peindre, voyant par avance le museau rose et écumeux, les taches rousses et blanches de la bête couverte de boue, joyeux de l’impression de vérité qu’il allait en tirer. Il s’installe, ouvre ses boîtes, et la fille de ferme arrive, tirant derrière elle le veau… lavé, rincé, peigné, frisé, portant aux cornes des faveurs bleues.

Vous auriez dû me dire, rugit Courbet suffoqué, vous auriez dû me dire que vous l’envoyiez au concours agricole.
Mais… mais… M. Courbet, il ne s’agit pas de concours, c’était pour qu’il soit plus mignon.
Ça… ça, vous prétendez que c’est un veau ! Eh bien, vous, vous êtes une dinde ! hurla le peintre.

Et il s’enfuit, à la consternation de la brave fille qui avait usé trois baquets d’eau à faire la toilette de l’animal.

« Le conteur vaudois : journal de la Suisse romande. »  Lausanne, 1934.

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10 réflexions sur “Le veau de Courbet

    1. D’aucuns prétendent qu’il s’agirait de Louis XV auprès de la Pompadour quand il avait décidé d’une soirée « calins » … d’autres optent pour Henri IV.

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