Le chant du Coq

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On raconte en pays Betsimisaraka, que dans des temps anciens, le Soleil, la Lune et Coq vivaient fraternellement auprès du Seigneur Parfumé, Principe et Créateur de toute chose.

Un jour le Soleil partit seul à la promenade, laissant à la maison le Coq et la Lune. Cette dernière en profita pour faire acte d’autorité, et ordonna au Coq d’aller chercher des
bœufs. Mais, indépendant et fier, le Coq refusa. Furieuse, la Lune saisit son frère Coq à la gorge et le précipita sur la Terre.

A son retour, le Soleil chercha le Coq. La Lune dut lui avouer pourquoi et comment elle avait puni le Coq de sa désobéissance. Le Soleil, indigné, s’écria :

« Puisque tu as perdu l’esprit de famille, tu ne partageras plus mes promenades, et je te condamne à errer la nuit qui sera désormais ton domaine. Moi, je resterai le seul maître du jour, et le Coq ne m’oubliera pas, car je l’aime. Tu n’entendras plus celui que tu as chassé, et à l’avenir il ne chantera que pour moi. »

Ainsi, chaque matin, dès que son frère se lève, le Coq, ravi de le voir paraître, et fidèle au rendez-vous, contemple le soleil et élève vers lui son hymne éclatant :

« Tonga zoky ô, Tonga zoky ô ! » ( Viens, ô mon cher aîné !)

Mais au crépuscule, quand disparaissent les derniers rayons du soleil et que se montre la Lune, alors le Coq se hâte de rentrer dans sa maison, pour ne pas apercevoir sa détestable sœur.

« Air-France revue : revue trimestrielle. »  Paris, 1949.
Illustration : Prosper Alphonse Isaac.

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