Artifice

andromede

Les directeurs de théâtre, qui de nos jours recourent à toutes sortes de moyens scéniques pour surexciter la curiosité, ou plutôt la badauderie du public, même en faveur de pièces ayant une valeur littéraire, peuvent arguer de précédents assez respectables.

Lorsque la tragédie d’Andromède de P. Corneille, fut jouée en 1650, le rôle du cheval Pégase fut tenu par un cheval vivant, ce qui n’avait jamais été vu en France. Ce cheval, bien dressé, jouait admirablement son personnage et faisait en l’air tous les mouvements qu’il aurait faits sur la terre. Un jeûne rigoureux auquel on le réduisait lui donnait un grand appétit, et lorsqu’il paraissait sur la scène, dans la coulisse on agitait un van plein d’avoine. L’animal, pressé par la faim, hennissait, trépignait des pieds et répondait parfaitement aux indications de jeu qu’avait désirées le poète.

On fit grand bruit de cet artifice théâtral, et le cheval fut pour beaucoup dans le succès de la pièce.

Eugène Muller. « Curiosités historiques et littéraires. » Paris, 1897.
Peinture :  Pierre Mignard.

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3 réflexions sur “Artifice

  1. On pourrait même dire que des artifices sont de plus en plus conséquents
    « Le lac des cygnes » sur glace
    Les volatiles sur la patinoire ne ressemblent à rien d’autres qu’à de jolies poupées emplumées
    > Un classique de danse aux effets ‘Folies bergères’
    > On aime ou on aime pas!

    Aimé par 1 personne

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