Seconde main

nadar

Nous tous, chroniqueurs, nous passons notre vie à fabriquer des mots pour le compte de personnalités en vedette.

Or, c’est la plupart du temps avec ces mots-là que se fabriquent les prétendus Mémoires, qui les prennent de seconde main, en les tenant pour authentiques. L’autre soir, à dîner chez Pailleron, on citait un exemple fort curieux de ce démarquage historique.

Il y a longtemps déjà de cela, car c’était à l’époque des ascensions de Nadar (Gaspard-Félix Tournachon). Le photographe aéronaute s’était enlevé en Belgique. Jules Claretie raconta dans un courrier que le roi Léopold, qui était présent au départ, s’était approché et avait dit :

Monsieur Nadar, tâchez de vider vos sacs de lest avant de franchir la frontière, car vous savez que j’ai juré de faire respecter l’intégrité du territoire.

Le mot était joli : aussi fit-il fortune. Mais le plaisant de l’aventure, c’est qu’il est entré dans l’histoire et qu’on le trouve maintenant dans toutes les biographies sérieuses du roi des Belges.

« La Joie de la maison : journal hebdomadaire. »  Paris, 1892.

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