L’éloge de Gérôme

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duran-gerome

Il paraît qu’il n’en sera pas prononcé, puisque c’est à M. Carolus Duran que ce soin incomberait. Or, ce n’est un mystère pour personne que les deux artistes ne pouvaient se souffrir,  et M. Carolus Duran annonce qu’il lui sera impossible de prononcer l’éloge de son prédécesseur.

Quel éloge voulez-vous que j’en fasse ? dit-il. Il ne trouvait de talent à personne, pas même à des artistes du passé comme Donatello. Moi non plus je ne lui trouvais pas de talent, et pourquoi voudriez-vous que j’aille dire publiquement qu’il était encore plus mauvais peintre que mauvais sculpteur ? J’aime mieux ne plus parler de lui. Ce ne sera pas la première fois, d’ailleurs, qu’on dérogera à cette habitude, car il y a déjà sept membres de l’Académie des Beaux-Arts qui n’ont pas fourni l’éloge de leur prédécesseur.

Cette façon de penser est, au moins, très crâne, et il y a, bien des artistes qui, au lieu de cette brutale franchise, auraient été radieux d’égratigner leur rival, tout en ayant l’air de faire son éloge.

Bien entendu, nous nous garderions de nous associer à l’opinion que formule M. Carolus Duran sur le maître si hautain et si loyal dont on va justement  inaugurer, cette semaine, le beau monument de l’aigle mourant à Waterloo.

« Touche-à-tout. Revue hebdomadaire universelle. »  Paris, 1904.

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Une réflexion au sujet de « L’éloge de Gérôme »

    La petite revue de Claire a dit:
    octobre 23, 2016 à 10:57

    Lol

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