Histoire à l’eau de rose

couple

Dernièrement un grand gentleman, qui se trouvait au théâtre d’Haymarket, tomba subitement amoureux d’une jeune personne très jolie qui était dans la même loge que lui.

Déjà l’un et l’autre s’étaient regardés plusieurs fois, lorsque le gentleman écrivit au crayon ces mots à cette jeune fille :

« Mademoiselle, votre coeur est-il libre ?… »

La jeune personne soumit le billet à sa mère, qui l’accompagnait, et avec sa permission elle répondit, aussi au crayon :

Oui, monsieur, mon coeur est libre. Mais pourquoi donc cette question ?…
— Je suis garçon, écrivit de nouveau le gentleman. J’ai mille livres sterling de rentes, et suis propriétaire d’une très belle maison; mais tout cela ne fait pas le bonheur, et je sens qu’il me faut une femme douce comme vous paraissez l’être pour me rendre tout-à-fait heureux. Voulez-vous de moi ?. … Je vous promets d’être le plus aimant, le plus indulgent, et le plus fidèle des maris.

La jeune personne, un peu romanesque, comme toutes les Anglaises, fut tellement frappée de tant de franchise et d’une déclaration si piquante, qu’elle en augura bien pour son avenir, et que sa dernière réponse à l’inconnu fut qu’elle acceptait de devenir sa femme, si ses parents consentaient à leur mariage.

Quelques jours après ils étaient unis.

« Le Compilateur : revue de la semaine, esprit des journaux. »  Paris, 1830.

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