De l’étude des bossus

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Il ne manquait ni d’originalité ni de patience le statisticien, qui mourut à Liverpool, ayant consacré sa vie à l’étude de… la bosse à travers le monde.

Il laissait après lui un volumineux manuscrit comportant 2.000 feuillets environ, où il n’est absolument question que de bossus. Célibataire, riche, indépendant, d’une santé de fer, cet original gentleman n’avait reculé devant aucun sacrifice, devant aucun danger même pour recueillir les observations consignées dans son gigantesque travail.

C’est en Espagne, paraît-il, qu’il y a le plus de bossus. Dans une petite localité au pied de la Sierra Morena, on en compte un sur treize habitants. En France, le bassin de la Loire en serait peuplé : le rachitisme y régnerait presque à l’état endémique. Combinant les moyennes des chiffres rapportés de tous les pays du globe, notre statisticien a trouvé qu’il y a un bossu sur mille individus, c’est-à-dire à peu près un million de bossus pour la terre entière. Etablissant alors que la hauteur moyenne de chaque bosse est de 20 centimètres (il a fait plus de 6.000 calculs pour arriver à ce résultat), il multiplie le million de bossus par la hauteur de la bosse, ce qui donne une élévation de 200.000 mètres.

Si l’on superposait toutes les bosses du monde, on pourrait escalader par cette nouvelle et étrange échelle environ 666 tours Eiffel mises l’une sur l’autre !

« Ma revue. »  Paris, 1907.

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