Adieu, rôti

Publié le

7181

Jean-Jacques, qui n’était alors que le fils assez friand d’Isaac Rousseau , citoyen et orfèvre de Genève, avait été condamné pour quelque espièglerie à s’aller coucher sans souper. 

j-j-rousseau

Passant par la cuisine avec son triste morceau de pain, il vit et flaira le rôti tournant à la broche. On était autour du feu : il fallut, en passant. saluer tout le monde Quand la ronde fut faite, lorgnant du coin de l’œil ce rôti qui avait si bonne mine et qui sentait si bon, il ne put s’abstenir de lui faire aussi la révérence, et de lui dire d’un ton piteux :

— Adieu, rôti.

Cette saillie de naïveté parut si plaisante, qu’on le fit rester à souper.

Le Cœur, Paris, 1833.
Illustration : « Jean-Jacques Rousseau faisant la lecture à son père ». Maurice Leloir, 1889.

Publicités

2 réflexions au sujet de « Adieu, rôti »

    Jet Eliot a dit:
    décembre 19, 2016 à 4:38

    Sweet story~~

    Aimé par 2 people

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s