Un bibliomane

Publié le Mis à jour le

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Antonio Magliabecchi, savant italien, bibliothécaire du duc de Toscane, à Florence, est le type du bibliomane. Il a passé toute sa vie (80 années) au milieu des livres. Il était très frugal : quelques œufs, un peu de pain et de l’eau, faisaient sa nourriture ordinaire.

Magliabecchi mangeait sur ses livres, dormait sur ses livres, et ne s’en séparait que le plus rarement possible. Pendant toute sa vie, il n’est sorti que deux fois de Florence, l’une pour aller à deux lieues, et l’autre pour en faire trois et demie, par ordre du grand-duc. Toujours environné de livres, il ne s’embarrassant de rien autre chose, et les seuls êtres vivants auxquels il paraissait s’intéresser, étaient ses araignées. Aussi il lui arrivait souvent, au milieu de ses piles de livres, de crier à  ceux dont la curiosité lui paraissait imprudente :

« Prenez-garde de faire du mal à mes araignées ! »

Son habillement répondait parfaitement à son genre de vie : il se composait d’une grande veste brune qui lui tombait sur les genoux, d’un pantalon, d’un manteau noir plein de pièces et de coutures, d’un chapeau déformé, à grands rebords, percé de toutes parts, d’une large cravate toute farcie de tabac, d’une chemise sale, qu’il ne quittait jamais tant qu’elle durait, et que l’on voyait à travers les coudes percés de sa veste. Enfin, une paire de manchettes, qui ne tenaient pas à la chemise, achevait ce brillant costume. Ajoutons qu il avait toujours, en hiver, une chaufferette suspendue à ses mains, de sorte que la braise roussissait souvent ses manchettes ou lui brûlait les doigts.

Croirait-on avec cela que Magliabecchi était dans l’aisance, et que son affabilité pour les gens de lettres ne laissait rien à désirer ?

« Journal. » directeur-gérant Le Cœur. Paris, 1833.

 

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10 réflexions au sujet de « Un bibliomane »

    ermite-athee a dit:
    janvier 15, 2017 à 5:14

    Salutations nocturnes Gavroche
    Un homme exceptionnel ! Il est vrai que , si je n’en suis jamais arrivé à ce point , je frisais la  » bibliomanie  » avant que cette fichue maladie handicapante ne perturbe mes facultés de concentration sur un livre…..( internet y est peut-être aussi pour quelque chose ) . Ceci dit, je n’ai pas le courage de me débarrasser de la centaine ( au moins ) de livres en ma possession…..Chacun d’eux marque un moment de mon existence , et il m’arrive de tenter d’en reprendre un …Mais…..
    F.

    Aimé par 1 personne

    CuriousCat a dit:
    janvier 15, 2017 à 10:42

    Bonjour Gavroche,
    Passion ou maladie ? Quelques éléments interpellent malgré tout.
    Comme en de nombreux points, l’excès est souvent dommageable.
    Bon dimanche, merci pour ce portrait.
    Cat

    J'aime

    Gavroche a répondu:
    janvier 15, 2017 à 11:52

    Oui… passion exacerbée, et un comportement pour le moins pathologique 😦
    Bonne journée Cat 🙂

    J'aime

    jmcideas a dit:
    janvier 15, 2017 à 12:50

    La conservation des livres conduit le plus souvent à ceci
    https://jmcideas.wordpress.com/toile-daraignee1/
    La bibliothèque ressemble irrémédiablement à des séries de vagues superposées que font les étagères pliant sous le poids et les âges -in finé, Les araignées enveloppent le chantre d’un tas de poussière.[mon point de vue fait exception de ‘Horace & Bavius & Sartes’ ]
    Il faut toujours craindre celui qui tapisse ses murs de dos de livres, sensés traduire une culture probablement/purement imaginaire! [Ma belle-soeur tapisse ses mûrs de livres…IMG à venir…] 😀

    Conservez-vous tous les articles de Gavroche ? Inutile ! la mémoire personnelle est seule garante de ne conserver que le meilleur (la substantifique moelle)
    https://jmcideas.wordpress.com/toile-daraignee2/

    Aimé par 1 personne

    fredonnezmoi a dit:
    janvier 15, 2017 à 2:38

    Au premier regard, j’ai lu « Machiavelli »…
    🙂

    Aimé par 1 personne

    francefougere a dit:
    janvier 15, 2017 à 7:05

    Les livres sont des amis … mais à ce point- là … 🙂

    Aimé par 1 personne

    francefougere a dit:
    janvier 15, 2017 à 7:07

    .. mais en plus c’était son travail ! Logique !C’est de la conscience professionnelle 🙂

    Aimé par 1 personne

    juliette a dit:
    janvier 16, 2017 à 4:17

    si sa passion pour les livres et les araignées le rendait heureux , tant mieux pour lui , non ?

    😉

    Aimé par 1 personne

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