Le siffleur

tenor

Un ténor léger, très léger même, se faisait siffler l’an dernier par le public d’une de nos villes du centre.

Un soir, impatienté de ce concert assez discordant de clés forées, il s’avança près de la rampe :

« Messieurs, dit-il aux mécontents, en vérité, vous sifflez mal; permettez-moi de vous donner une leçon. »

Il dit, et aussitôt se mit à siffler un grand air avec une telle supériorité, que des bravos partirent de la salle entière.

Peu de temps après, comme il venait de faire un nouveau fiasco, un plaisant du parterre lui cria :

 « Ô vous, qui chantez si mal, sifflez-nous donc un de ces airs que vous sifflez si bien. »

« Asmodée : journal de la littérature, des arts, des théâtres et des modes. » Nancy, 1846.

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