La fêtes des Lanternes

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C’est une des plus importantes fêtes nationales des Chinois : on la célèbre en l’honneur du législateur Confutzée.

Les derniers jours de l’année, et les premiers de l’année suivante, sont consacrés à ces solennités qui durent au moins vingt jours, et dont la musique, la danse et les processions, les banquets et les jeux de toute espèce font ordinairement les frais. Mais c’est seulement dans la nuit du quatorzième jour de la nouvelle année que commence la fête des Lanternes.

Dans l’intérieur du palais impérial de Peking se trouve une énorme cloche qui est particulièrement destinée à donner le signal de la fête. Sitôt que cette cloche fait entendre son sourd bourdonnement, des salves d’artillerie partent de tous les forts du palais et de l’immense capitale, le clairon retentit dans les rues de Peking, et un million de lanternes de toutes couleurs sont pendues devant les maisons. Des feux de joie s’allument sur plusieurs points. Le peuple parcourt la ville en poussant des cris de joie, et toutes les cloches carillonnent à la fois.

Ce signal est immédiatement suivi par toutes les villes et tous les villages de cet immense empire. Le premier coup de canon parti du palais impérial se propage à l’instant, d’écho en écho, jusqu’aux derniers confins du pays; et avant qu’une heure se passe, un carillon général s’élève d’un bout de la Chine à l’autre, et 200 millions d’individus avec 200 millions de lanternes s’agitent sur toute la surface de l’empire pour célébrer dignement la fête. Ces lanternes diaprées de couleurs éclatantes au milieu de la nuit, offrent un spectacle magique.

Les bonzes commencent ensuite leurs processions dans les rues, avec accompagnement de choeurs et de musique instrumentale. Des masses de peuples suivent ce cortège : les notabilités accompagnent la procession en voitures, les classes moyennes montent des ânes ornés de rubans et de fleurs, et un grand nombre de femmes suivent à cheval en jouant de divers instruments. Les salves d’artillerie, le son des cloches, le bruit de la musique et le cri de la foule produisent par leur simultanéité l’effet le plus extraordinaire, le plus bizarre que l’homme puisse imaginer. Une personne qui se trouverait à une demi-lieue de Peking, croirait entendre le bruit d’une bataille générale que se livrent deux armées formidables.

Le lendemain, à midi, la fête devient plus calme. Alors commencent des réjouissances et des mascarades qui rappellent le carnaval de l’Italie. Ces folies chinoises sont aussi extravagantes que celles de Rome et de Naples : mais les fous se montrent à visage découvert.     (caractères : vani)

« Le Ménestrel. »  Paris, 1834.
Illustration : http://apepa.rosheim.over-blog.com/article-fete-des-lanternes-le-12-novembre-2013-121029764.html

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6 réflexions sur “La fêtes des Lanternes

    1. Coq hardi, Coq en pâte, Coq au vin, Coq de noix, Coq aux oeufs…ou Oeufs à la coq
      ATT aux homophones (C-O-Q)
      Donc Bonne année à tous les Coqs Chinois & gaulois!
      ATT: ma bagnole est une vieille coque

      Aimé par 2 people

  1. ‘On ira tous à la Lanterne…’
    Oh, pas avec une sorte de lampion, mais ‘aux jardins de la Lanterne’ > Le lieu est à la mode, comme maison de villégiature à nos Grands Hommes politique -Savez-vous, que vous & moi y avons droit ? – Les fils de F.Fillon y ont bien fait une sauterie !
    (à vérifier tout de même)

    Aimé par 1 personne

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