David et Goliath

jules-barbey-d'aurevilly

Thiers et Barbey, alors journalistes, se prennent à parti dans leurs feuilles respectives. Thiers, qui ne connaissait pas l’imposante stature de Barbey, dit un jour à quelqu’un :

« Celui-là, je lui flanquerai ma canne sur la figure dès que je le rencontrerai. »

Ces paroles sont, naturellement, rapportées à Barbey d’Aurevilly.

Thiers entre, quelque temps après, dans la salle de rédaction d’un grand journal de l’époque, le Constitutionnel, et s’installe à corriger au crayon un article écrit la veille. Quelqu’un s’approche et lui dit :

« Vous voyez ce grand, là-bas, qui palabre dans le groupe de causeurs, c’est Barbey. »

Thiers, impressionné par la taille et l’allure « officier » de son adversaire, oublie ses menaces de la veille, achève rapidement son travail qu’il porte à la composition. Dans son trouble, il oublie son crayon sur la table. Alors, Barbey de sa voix de stentor :

« Hé, là-bas, monsieur ! Vous oubliez votre canne ! » 

« Le Pêle-mêle. »  Paris, 1925.

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3 réflexions sur “David et Goliath

  1. … j’ai visité sa maison musée pleine de ses souvenirs, de ses écrits multicolores … à Saint Sauveur le Vicomte un jour de juillet légèrement gris et pluvieux qui convenait très bien, et sa tombe à côté de celle de son frère au cimetière … elles pourraient être mieux entretenues.
     » J’ai quelquefois été bien malheureux, je n’ai jamais oublié mes gants blancs « .

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