La liberté de la saignée

saignée

Entre beaucoup de libertés qui se trouvaient gênées au moyen âge, il faut compter assurément la liberté de la saignée, une de celles dont on a peut-être le plus abusé en France à d’autres époques.

Les ordonnances royales prescrivaient aux barbiers de ne saigner qu’en bonne lune. Trois mois étaient exclus : avril, mai et septembre. Défense à celui qui faisait métier de saigner de tenir devant sa maison ou aux environs, les jours de mauvaise lune, des écuelles ou autres ustensiles pour l’usage de sa profession, à peine de dix sols d’amende. La saignée était de plus proscrite les dimanches, aux cinq fêtes de Notre-Dame, les jours de l’An, de Noël, des Rois, de la Toussaint, de l’Ascension, du Saint-Sacrement et de Saint-Jean-Baptiste.

Le barbier ne pouvait non plus mettre bassins pendant les jours de Noël, Pâques, Pentecôte, de Saint-Jean-Baptiste, de Saint-Pierre et des Morts, ni mettre sang en écuelle hors de la salle de son hôtel, ni le garder au delà de l’heure de None. S’il avait opéré le matin, il devait jeter le sang à une heure après midi. S’il saignait après midi, il était tenu aussi de le jeter deux heures après, sous peine d’une amende de cinq sols par contravention.

A Reims il existait un puits destiné à recevoir le sang des saignées, où il devait toujours y avoir un vase avec de l’eau claire pour laver avec soin le bassin dont on s’était servi. Il y a même encore aujourd’hui dans cette ville une rue qui porte le nom de Puits au Sang, parce qu’elle conduisait à cette espèce de trou perdu.

« Almanach de France et du Musée des familles. »Paris, 1865.

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6 réflexions sur “La liberté de la saignée

  1. Elle est encore pratiquée de nos jours dans trois indications médicales : l’hémochromatose, la polyglobulie ou maladie de Wasquez et la porphyrie cutanée. Elles sont liées à la composition du sang.
    le don du sang n’est il pas aussi une sorte de saignée ?
    F.

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  2. Une façon de soigner qui est quasiment abandonnée de nos jours et depuis belle lurette, heureusement. Il est vrai qu’on pratiquait les saignes pou faire sortir les « humeurs » néfastes au patient.
    Il n’en reste pas moins qu’il ne fallait pas tomber malade certains jours proscrit, comme d’habitude, par l’Eglise.
    Après tout, un mort durant ces jours d’interdiction, c’était un enterrement en plus et un peu d’argent pour le curé qui officiait.

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