Comme chien et chat

berlioz-adolphe-adam

Berlioz est candidat à l’Académie, un de ses amis, M. Alexandre, le facteur d’orgues, le soutient chaudement.

On veut conquérir la voix d’Adolphe Adam : conquête malaisée, car les deux artistes semblent placés aux antipodes de la musique. M. Alexandre commence par sermonner Berlioz, qui ne voulait faire aucune démarche.

Voyons, voyons, réconciliez-vous avec Adam. Que diable ! c’est un musicien, vous ne pouvez nier cela ?…
— Aussi je ne le nie point, dit Berlioz, mais pourquoi Adam, qui est un grand musicien, s’obstine-t-il à s’
encanailler dans le genre de l’opéra-comique ? S’il voulait, parbleu ! il ferait de la musique comme j’en fais !

Fort de ce premier acquiescement, M. Alexandre va trouver Adam.

Mon cher ami, vous donnerez votre voix à Berlioz, n’est-ce pas ? Vous avez beau ne pas vous entendre avec lui, vous ne reconnaissez pas moins en lui un musicien.
— Un grand musicien, certes, répond Adam en rajustant ses lunettes sur son nez, un très grand, très grand. Seulement il fait de la musique ennuyeuse; s’il voulait, il en ferait d’autre, il en ferait aussi bien que moi.

Ah ! oui, cette scène-là aurait un fier succès au théâtre !

Le Voleur illustré. »Paris, 1892.

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