Rebuffade

berlioz-norman-kyr

Combien avons-nous perdu d’oeuvres charmantes ou admirables parce que les rebuffades du début ont lassé des artistes trop nerveux ! 

Berlioz, un jour, recevait la visite d’un musicien inconnu qui lui apportait une partition. La chose lui ayant paru déplorable, il congédia le visiteur.  Puis, tout à coup, comme celui-ci descendait l’escalier, pris d’un remords soudain, il s’élance sur le carré et, se penchant sur la rampe :

Monsieur !… monsieur !…

L’autre s’arrête dans la descente et lève le nez en l’air.

Monsieur… vous savez… c’est peut-être moi qui suis dans mon tort. D’autres ont été assez bêtes pour ne pas me comprendre. Je suis peut-être aussi bête qu’eux en ne vous comprenant pas.

Et il referma sa porte avec la satisfaction de l’homme qui vient de soulager sa conscience d’un grand poids.

« Courrier de l’art. » Paris, 1884.
Illustration : détail d’une photo de Norman Kyr

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