Gustave Courbet dans le midi

Publié le Mis à jour le

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A peine arrivé à Montpellier où l’avait invité Alfred Bruyas, le fils du riche changeur de cette ville, l’homme d’Ornans constate :

« Ce pays est merveilleux. Je suis certain d’y faire de belles choses !« 

Et tout de suite il parcourt la ville, les environs et arrive à Palavas où se situe sa rencontre avec la mer :

« Elle est là devant moi. Hier, elle me dominait. Aujourd’hui je suis le maître« , note-t-il.

Puis Courbet éprouve un réel plaisir à se rencontrer avec quelques habitants de Montpellier qui l’admirent. Parmi ceux-ci se trouvent René Borel, amateur d’art éclairé et aussi Pierre-Auguste Fajon dont le grand peintre a fait un portrait très curieux qui est aujourd’hui au Musée de Montpellier et qui fut vendu par le modèle 500 francs à Alfred Bruyas. Et Courbet est si heureux dans le Midi qu’il en oublie Paris, Ornans et jusqu’à sa famille, ainsi que le prouve cette lettre d’une de ses soeurs, Zoë, principal modèle du tableau intitulé « Les Cribleuses de blé. »

Ornans, le 17 juin 1854.

Monsieur Bruyas,
Pardonnez-moi si je me permets de m’adresser à vous, c’est dans l’espoird’une réponse de votre part,ce que j’en fais.
Il y a des gens pour qui les absents ont tort, mon frère est de ce nombre. Depuis six semaines qu’il est parti pour aller chez Monsieur Bruyas à Montpellier, nous n’en avons plus entendu parler. Si vous l’avez vu, ayez l’obligeance de me le dire. Je comprends,
Messieurs, que la bonne amitié qui vous unit puisse remplir de grands loisirs, mais sans altérer ce sentiment, il me semble qu’on peut avoir encore un souvenir pour ceux qui vous aiment.
Mon frère va trouver que je suis bien présomptueuse, aussi n’est-ce pas à lui que je m’adresse, mais à vous.
Monsieur Bruyas, en vous faisant mes excuses et en vous priant
de recevoir mes salutations empressées.

Zoë Courbet

Alfred Bruyas répond à Zoë Courbet une lettre charmante au bas de laquelle Courbet met un mot :

Je ne vous oublie pas. C’est la faute à ce pays qui me rend horriblement paresseux. Bientôt j’irai vous embrasser…

Ce ne fut qu’au début de l’hiver que Courbet quitta, à regret, Montpellier, « ville pleine d’agréments », à laquelle il restera fidèle jusqu’à sa mort.

« Le Bulletin de la vie artistique. » Paris, 1921.

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