République et ingratitude

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la-semeuse-roty

Celle qui posa pour la semeuse de Roty vient de mourir au Creusot, oubliée, ignorée, dans la misère.

Roty l’avait vue un jour, pieds nus dans la bruyère d’un plateau du Cantal, couverte d’un vêtement léger dont l’artiste fit un péplum, et son profil délicat illuminé par les rayons du soleil. Il lui offrit 20 francs pour poser et Maria, c’était le nom de la jeune femme, devint ainsi la Marianne des pièces de monnaie de la République française.

Elle n’en récolta aucune gloire. Pendant près de cinquante ans, elle exerça l’humble métier de revendeuse sur les marchés de la région. Se doutait-elle de l’usage que l’artiste comptait faire de son portrait ? Lorsque vieillie, cassée, misérable, elle frappa aux portes des mairies en excipant de ses droits à quelques égards. On la crut folle.

C’est un dernier témoignage, émanant d’une vieille amie du graveur, qui  vient de dissiper les doutes.

Il est arrivé trop tard.

« Les Potins de Paris. » Paris, 1929.

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8 réflexions au sujet de « République et ingratitude »

    suzanne35blog a dit:
    mai 20, 2017 à 9:20

    Quelle ingratitude!

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    karouge a dit:
    mai 20, 2017 à 9:48

    Triste et beau. Que sont devenus les paysans de Millet, à l’heure de l’Angélus, les glaneuses, du même peintre (et ceux d’Agnès Varda) ?

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    Pimpf a dit:
    mai 20, 2017 à 10:33

    terrible destin que le sien

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    nuage1962 a dit:
    mai 20, 2017 à 10:42

    C’est toujours très intéressant tes articles

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    Trigwen a dit:
    mai 21, 2017 à 1:33

    Honteux en effet ! De nos jours elle serait conseillée par un avocat qui lui recommanderait de toucher un pourcentage sur chaque reproduction en guise de droits. Imaginons juste 1 centime par pièce frappée, elle ne serait pas morte dans la misère !

    Aimé par 2 people

    raimanet a dit:
    mai 21, 2017 à 10:04

    A reblogué ceci sur Boycottet a ajouté:
    Lorsque vieillie, cassée, misérable, elle frappa aux portes des mairies en excipant de ses droits à quelques égards. On la crut folle.

    C’est un dernier témoignage, émanant d’une vieille amie du graveur, qui vient de dissiper les doutes.

    Il est arrivé trop tard.

    Aimé par 1 personne

    francefougere a dit:
    mai 21, 2017 à 8:26

    Quelle triste histoire en effet – une véritable injustice. Merci de la faire découvrir – france

    Aimé par 1 personne

    La petite revue de Claire a dit:
    mai 22, 2017 à 2:23

    Triste histoire

    Aimé par 1 personne

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