Monsieur le comte

Publié le

mirabeau.

C’était dans la nuit du 4 août, nuit où toutes les distinctions nobiliaires furent abolies. Mirabeau arrive chez lui, il entre dans un enthousiasme facile à se figurer :

Ah! mon ami, dit-il à M. Duveyrier, un jeune avocat patriote, qui l’attendait. Ah ! quelle nuit ! Plus d’abus ! plus de distinction ! Les villes, les états, les plus grands noms, Montmorency, La Rochefoucauld, nous avons tous fait le sacrifice de nos privilèges sur l’autel de la patrie !

Tout en parlant et en gesticulant, il entre dans son bain, qu’il trouve glacé. Il sonne violemment. Le valet de chambre, que le cocher avait mis au courant dans l’office, accourt et veut naturellement s’excuser :

Je puis assurer à monsieur, dit-il, que le bain est au même degré qu’hier.
— Monsieur! s’écria Mirabeau. Ah ! drôle !… Approche ici…

Il lui saisit l’oreille, et lui plongeant le visage dans l’eau :

Ah ! bourreau… j’espère bien que je suis encore monsieur le comte pour toi !

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2 réflexions au sujet de « Monsieur le comte »

    anne35blog a dit:
    mai 28, 2017 à 5:01

    le pauvre cocher! Mirabeau n’était pas un tendre…

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    trigwen a dit:
    mai 30, 2017 à 2:37

    Un bel exemple de « faites ce que je dis pas ce que je fais » ! Le sieur Mirabeau voulaient l’exemption des privilèges sauf pour lui …

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