L’oeil battu

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L’argot est fertile en expressions aussi pittoresques qu’imaginées. Mais on aurait grand tort de leur attribuer à toutes une invention récente, car certaines ont plusieurs centaines d’années d’existence.

Ainsi l’expression : « Je m’en bats l’oeil » dont la traduction signifie : je me soucie fort peu de ceci ou de cela se trouve dans une lettre jusqu’à présent inédite de Mme Roland. Un chercheur érudit, remontant encore plus avant dans l’histoire se fait fort de démontrer, texte en main, que « s’en battre l’oeil » est une formule que l’on retrouve, dans le Mercure Galant de Boursault, c’est-à-dire sous le règne de Louis XIV…

Décidément c’est bien l’occasion de s’écrier :  Nihil novi sub sole !*

*Rien de nouveau sous le soleil !

« Ma revue. » Paris, 1907.
Illustration : Philippe Noiret dans « Alexandre le bienheureux » d’Yves Robert, 1968.

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6 réflexions au sujet de « L’oeil battu »

    marie a dit:
    juin 11, 2017 à 6:47

    Merci pour l’explication de cette expression. Bonne soirée MTH

    Aimé par 1 personne

    francefougere a dit:
    juin 11, 2017 à 7:28

    Merci – et aussi pour l’illustration – un de mes films préférés 🙂

    Aimé par 1 personne

      Gavroche a répondu:
      juin 11, 2017 à 8:09

      Un de mes préférés, également !
      Bonne soirée France 🙂

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    Trigwen a dit:
    juin 12, 2017 à 2:12

    Cette expression remonte même plus loin : en 1527, « avoir de l’oeil, de la mine » signifient faire une belle trogne, ne pas payer ». Plus précisément, elle provenait « ne payer que de sa personne », qui signifie que celui qui rendait un service ne le faisait sans aucune autre garantie que l’apparence de son client.
    Au XVIIème siècle, la signification évolue et signifie « ne payer que de sa personne ».
    Au début du XIXème siècle, cette notion de crédit apparait dans les cafés avec le sens « d’avoir une ardoise ». Très rapidement « avoir une ardoise » va être remplacée par la notion argotique « à l’oeil » qui est devenu dominant dans la langue du peuple pour la gratuité dans la seconde moitié du XIXème siècle.
    Ton explication est rejointe par le fait qu’on on ne peut pas taire l’autre signification argotique bien connue de l’œil, à savoir l’anus. De cette signification argotique, il est possible que la notion de gratuité soit venue d’une expression vulgaire du genre : « ma dette, je me la mets à l’œil » au lieu de dire « ma dette, je me la mets au c… ».

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      Gavroche a répondu:
      juin 12, 2017 à 10:22

      Merci pour ces « truculentes » précisions 🙂

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