Télépathie

Publié le Mis à jour le

navez-françois-joseph

Il paraît que les fantômes, dont on nous avait appris jusqu’ici à nous moquer, existent bien réellement et qu’ils sont en train de devenir un objet passionnant d’études et de recherches pour un groupe de psychologues très documentés. La nouvelle science a pris le nom de télépathie, mot grec qui signifie proprement « sensation lointaine », et qui entend englober sous une dénomination assez élastique mais suffisamment juste tous les phénomènes de transmission de la pensée à distance. Ce n’est plus du magnétisme, ce n’est pas non plus de l’hypnotisme : c’est de la télépathie. 

Les Pickmann, Donato, Davenport et autres médiums de tréteaux avaient jusqu’à ce jour quelque peu compromis l’étude de ces troublantes questions, par l’appareil théâtral et forcément charlatanesque dont ils entouraient leurs expériences. Mais ce n’est plus à des banquistes que nous aurons affaire maintenant : c’est à de vrais savants, sincères et désintéressés, au contrôle desquels nous pourrons avoir pleine confiance. 

Trois Anglais, MM. Gurney, Myers et Podmore, ont ouvert la voie par la publication de leur livre extraordinaire intitulé Phantasme of the living, dont M. Marillier vient de donner une traduction française abrégée. 

En France, c’est M. Ch. Richet, professeur de physiologie à la Faculté de médecine de Paris, qui a pris la direction du mouvement et qui n’hésite pas à écrire qu’il est temps d’étudier scientifiquement « le lendemain de la mort ». Il a fondé un journal dont le but est de poursuivre sérieusement l’enquête commencée par le livre de M. Gurney. 

Il existe depuis plusieurs années, en Angleterre, une Society for Psychical Research,  consacrée à l’élude de ces actions nerveuses à distance qui préoccupent vivement les psychologues anglais et américains les plus éminents. D’autre part, la Société française de psychologie physiologique a constitué pour l’étude des phénomènes télépathiques une commission composée de MM. Sully-Prudhomme (de l’Académie française), président. G. Ballet, professeur à la Faculté de médecine. H. Beaunis, professeur à la Faculté de médecine de Nancy. Ch. Richet, professeur à la Faculté de médecine. Lieutenant-colonel de Rochas, administrateur de l’Ecole polytechnique. L. Marillier, maître de conférences à l’Ecole des Hautes Etudes. 

D’après ces noms on peut juger qu’il ne s’agit pas de recherches pour rire et on peut être certain que s’il y a une parcelle de vérité ,dans cette inquiétante et mystérieuse question de la transmission de la pensée, les enquêteurs sont hommes à la dégager. 

Nous nous bornerons à donner une idée de ce qu’il faut entendre par phénomènes télépathiques en citant quelques observations empruntées au livre de MM. Gurney, Myers et Podmore. 

En voici un exemple sous sa forme la plus simple, celle d’une vision dans l’état intermédiaire au sommeil et à la veille. 

Un étudiant de Cambridge avait arrêté avec un de ses camarades le projet de se rencontrer à Cambridge à une certaine époque pour travailler ensemble. Peu de temps avant l’époque de ce rendez-vous, il se trouvait dans le sud de l’Angleterre. Se réveillant une nuit, il vit ou crut voir son ami assis au pied de son lit. Il fut surpris de ce spectacle, 
d’autant plus que son ami était ruisselant d’eau. Il parla, mais l’apparition (car il semble que c’en ait été une) se contenta de secouer la tête et disparut. Cette apparition revint deux fois durant la nuit. Cette vision eut lieu dans la nuit du 2 au 3 septembre. Quelque temps après, l’étudiant recevait la nouvelle que son ami s’était noyé en se baignant le 2 septembre. 

Dans le fait suivant, l’hallucination télépathique se produit à l’état de veille, d’après un type très fréquent, sous l’influence provocante de l’attente de quelqu’un. C’est une dame qui parle : 

« — J’attendais mon mari à la maison. Peu de temps après le moment où il aurait dû arriver, dix minutes environ, j’entendis une voiture s’arrêter à la porte, la cloche sonner, mon mari parler au cocher, la porte s’ouvrir et enfin mon mari monter l’escalier. J’allai au salon, j’ouvris la porte. A mon grand étonnement, je ne vis personne. Je pouvais à peine en croire mes yeux, tant l’impression avait été vive et tant la rue était tranquille à ce moment. Environ vingt minutes après, mon mari arrive en réalité. Le train était en retard et, mon mari pensait que je devais être inquiète. »

Voici maintenant le récit d’un général anglais :  

« — Un incident extraordinaire, qui fit sur mon imagination une profonde impression, m’arriva à Maulmain. J’ai vu un fantôme, je l’ai vu de mes propres yeux, dans la pleine lumière du jour. Je puis le déclarer sous serment. J’avais vécu dans la plus étroite intimité avec un vieux camarade d’école qui avait été ensuite mon ami à l’Université. Des années cependant s’étaient écoulées sans que nous nous fussions revus. Un matin, je venais de me lever et je m’habillais lorsque tout à coup mon vieil ami entra dans ma chambre. Je l’accueillis chaleureusement, et je lui dis de demander qu’on lui apportât une tasse de thé sous la véranda, lui promettant de le rejoindre immédiatement. 

Je m’habillai en hâte et j’allai sous la véranda, mais je n’y trouvai personne. Je ne pouvais en croire mes yeux. J’appelai la sentinelle postée en face de la maison, mais elle n’avait vu aucun étranger ce matin-là. Les domestiques déclarèrent aussi que personne n’était entré dans la maison. J’étais certain d’avoir vu mon ami. Je ne pensais pas à lui en ce moment, et pourtant je ne fus pas très surpris, parce qu’il arrivait souvent des vaisseaux à Maulmain. Quinze jours après, j’appris qu’il était mort à 600 milles de là, au moment même, ou peu s’en fallait, où je l’avais vu à Maulmain. » 

Aux questions qui lui ont été adressées par MM. Gurney et Myers, le général a répondu que, quand il adressa la parole à l’apparition, elle ne répondit ni par un mot, ni par un signe. Il ne supposa pas un instant qu’il put s’agir là d’une apparition. Il crut voir son ami en chair et en os. Il ajoute qu’il n’a jamais vu d’autre apparition, qu’il n’a jamais eu d’hallucinations, et qu’il a toujours été considéré comme un homme de grand sang-froid. 

L’ouvrage anglais contient plus de 700 observations de ce genre, commentées et vérifiées autant qu’il est possible par les auteurs. 

N’y a-t-il pas là de quoi faire réfléchir ? 

« La Clinique. » Nice, 1891.
Peinture de Navez François Joseph.

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12 réflexions au sujet de « Télépathie »

    Roomanies a dit:
    juillet 17, 2017 à 2:16

    Effectivement ça pose de questions.
    Dans la maison nous avions un tableau de notre oncle qui un jour, est subitement tombé par terre. Quelques minutes plus tard on apprend qu’il a fait une attaque cérébrale et qu’ il a quitté ce monde…

    Aimé par 1 personne

      Gavroche a répondu:
      juillet 17, 2017 à 2:00

      Je comprends que cela puisse laisser quelque doute sur la réalité visible de ce monde…
      Bonne journée Mary 🙂

      Aimé par 1 personne

    Roomanies a dit:
    juillet 17, 2017 à 2:17

    P.S. La taille des polices me semble un peu petite… Sinon, j’aime bien les changements!

    J'aime

    fanfan la rêveuse a dit:
    juillet 17, 2017 à 7:25

    Tu ne me convaincras pas Gavroche, je suis de celle qui pense que cela peut-être.
    Bon lundi ensoleillé Gavroche !
    🙂

    Aimé par 1 personne

    ellea40ans a dit:
    juillet 17, 2017 à 8:02

    La solution a tout ces mystères se trouve peut être dans nos tête avec ce si mystérieux cerveau…. L’ouvrage doit être passionnant à lire. Bonne journée

    Aimé par 1 personne

      Gavroche a répondu:
      juillet 17, 2017 à 2:12

      Je pense également, que certains phénomènes « naissent » près, très près de nous… Nous cherchons ailleurs une réponse que l’on a peut-être très proche de nous, en nous… Comme « d’autres », je pense sincèrement que l’approche que nous avons des phénomènes jusque là inexpliqués (comme en ufologie, par exemple) doit certainement être modifiée; notre cerveau étant bien loin d’avoir livré tous ses secrets (si tant est que cet intime et ultime savoir est à notre portée… intellectuellement s’entend)…

      Aimé par 1 personne

        Gavroche a répondu:
        juillet 17, 2017 à 2:13

        J’allais oublier, oups ! Bonne journée 🙂

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    juliette a dit:
    juillet 17, 2017 à 4:23

    Il y a très longtemps Gavroche j’ai rêvé que mon père était mort. Il me téléphone dans la matinée pour m’annoncer celle de mon oncle, son frère, que je n’avais pas vu depuis une bonne dizaine d’années, qui n’était pas malade et dont nous n’avions pas parlé depuis longtemps … ça m’a marqué ! et la télépathie j’y crois , entre personnes très proches …

    J'aime

      Gavroche a répondu:
      juillet 18, 2017 à 9:32

      Pas toujours. J’ai perdu ma « petite » soeur en 1995. Elle avait 35 ans, et moi 36. Vu le peu de différence d’âge, nous étions très proches et surtout très complices. Elle est partie, foudroyée par une putain de rupture d’anévrisme… Aucun « signe », ni avant ni après… et je n’ai toujours pas compris ce silence, ces signaux qu’elle ne m’a pas envoyés… même si cela peut paraître complètement irrationnel.

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