Le théâtre en Chine

Publié le Mis à jour le

opera-pekin

Le goût des représentations scéniques est fort ancien en Chine, mais les théâtres chinois ne ressemblent pas aux nôtres.

Ce sont des constructions légères, faciles à démonter et à transporter, qui rappellent, d’autant mieux nos cafés-concerts, que le public y est groupé autour de petites tables chargées de consommations. La mise en scène est des plus simples et toute conventionnelle. Ainsi un personnage qui fera le geste de monter à cheval sera, pendant tout l’acte, considéré comme étant à cheval. 

Dans ces théâtres, on donne des tragédies interminables, qui ont le plus souvent pour sujet, des épisodes de l’histoire nationale. Notre goût européen ne supporterait, pas leurs péripéties terrifiantes. 

D’autres pièces tiennent de la féerie et font apparaître les divinités des cerisiers et des pêchers et d’autres génies imaginaires. Tout devient animé et parle : les animaux, les objets domestiques, jusqu’aux plats de porcelaine qui dénoncent les traîtres. On y voit des hommes qui se réveillent d’un sommeil de cent ans, des sorciers d’un grotesque achevé, en un mot, tout ce que la fantaisie peut inventer. 

D’un naturel observateur et fin, les Chinois se sont exercés également dans la comédie, mais leurs moeurs diffèrent tant des nôtres, que nous ne comprendrions pas toujours le comique de ces pièces. Par contre, des situations que leur théâtre prend au sérieux nous sembleraient bizarres et presque comiques. 

Dans une de leurs comédies, par exemple, un jeune homme ayant commis une faute grave, est amené devant le mandarin chargé de le juger. Au lieu de prononcer la sentence contre le coupable, le mandarin fait, appeler le tuteur du délinquant et condamne cet homme respectable à recevoir les coups de bâton que son pupille a mérités. 

Ce jugement paraît juste en Chine, où l’on punit la faiblesse des parents qui ont mal élevé leurs enfants. En Europe, il paraîtrait choquant. 

Après s’être cloîtrée chez elle pendant, des siècles, la Chine de nos jours est ouverte aux étrangers, et elle envoie en Europe des colonies d’étudiants, qui, une fois rentrés dans leur pays natal, y rapporteront le fruit de leurs études en tout genre. Alors sans doute, l’ancien théâtre chinois sera renouvelé. 

« Le Petit Français. » Paris, 1890.
Photo : http://www.voyages-chine.com/opera-de-pekin-attraction-pekin.html

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