Une bonne âme

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baron-taylor

Notre siècle n’est pas si athée ni si méchant qu’il en a l’air. Chaque fois qu’il y a une noble infortune à soulager, ne trouve-t-on pas M. le baron Taylor ? En organisant la loterie du Vase d’argent, il a eu pour but unique de tendre une main généreuse aux artistes malheureux. Cette loterie me remet en mémoire une simple histoire, bien touchante parce qu’elle est vraie. 

Un jour, une pauvre femme pâlie par la misère et les chagrins se présente chez M. le baron Taylor, tenant dans ses bras un petit enfant de trois mois. 

 Monsieur, lui dit la malheureuse mère en lui tendant la chère petite créature, je viens à vous parce que mon enfant a froid, que je suis trop malade pour l’allaiter, et qu’on m’a dit que jamais, jamais vous ne repoussiez le malheur. 

M. Taylor regarda la jeune femme. Elle avait une de ces physionomies douces et honnêtes qui inspirent l’intérêt. 

 Vous êtes veuve ? lui demanda-t-il avec bonté.
— Non, monsieur le baron, reprit la pauvre femme en pâlissant encore davantage et en baissant les yeux.
— Mais cet enfant a un père ?… 

Deux larmes glissèrent des yeux de la pauvre mère. 

 Voyons, mon enfant, ayez confiance en moi, dites-moi tout. A mon âge on est presque un confesseur. 

Alors la jeune femme lui raconta qu’elle avait été séduite et abandonnée par un homme marié. Cet homme était riche, qu’il ne voulait rien faire pour son enfant, qu’il savait pourtant bien être à lui. 

 Donnez-moi son nom, son adresse, je le verrai, dit l’excellent homme. Mais en attendant je ne puis garder ce petit enfant-là. Il faut le mettre en nourrice. Je m’en charge provisoirement. 

Le lendemain, le baron va trouver le père, lui parle de la pauvre abandonnée et du petit enfant avec des paroles remplies de bonté, d’indulgence et de délicatesse exquises. 

 Mais, Monsieur, je suis marié.
— Je le sais, aussi viens-je seulement vous prier de faire quelque chose pour ce pauvre petit, en payant ses mois de nourrice. 

Le père se récria, fit des objections et demanda combien il fallait donner par mois. 

— Trente francs, reprit M. le baron Taylor.
— Trente francs, c’est impossible. Je ne puis faire que vingt francs.
— Je vous remercie toujours pour si peu, dit le noble cœur, moi je ferai les dix autres francs. 

Et le baron s’en alla avec celle simplicité calme et digne des âmes qui sont habituées à faire le bien. 

Vicomtesse De Renneville. « La Lorgnette. » Bordeaux, 1855.

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4 réflexions au sujet de « Une bonne âme »

    francefougere a dit:
    juillet 24, 2017 à 5:35

    Bon et franc maçon

    Aimé par 1 personne

      Gavroche a répondu:
      juillet 24, 2017 à 5:37

      Franc et bon maçon serait plus utile, non ? 😀

      J'aime

    sarah a dit:
    juillet 26, 2017 à 7:16

    🙂 vous fais un pt coucou… et grâce à cette « belle histoire »…
    vous souhaite autant d’@mour en retour que vous en donnez chaque jour…
    et ça c’est pas banal… de nos jours… hein…
    suis sûre que j’vais être exaucée… allez savoir pourquoi… 😉
    alors Souriez….;) Bien à Vous :))

    Aimé par 1 personne

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