Cuisine et littérature

Publié le

henri-gerbault

Voici le menu qui fut servi à un banquet de l’Association des Maîtres d’hôtels, gérants et directeurs des Associations hôtelières.

Consommé à l’Eventail
Conque d’abondance de Neptune
Veloutine d’Amphytrite
Noix Parmentière
Prodigalités nemrodiques
Ambroisie périgourdine
Béatiles du Vert-Galant
Soleils de blancs de chapons
sur mousseline capitole
Rochers neigeux de Beaumont

Qu’est-ce que vous dites de ce salmigondis culino-littéraire ?

Que je félicite mon confrère Paul Reboux de s’élever contre ce qu’il appelle un « galimatias de mots prétentieux, épanouis dans une vaniteuse stupidité de fanfreluche verbale »!

Que les cuisiniers nous fassent de la bonne cuisine puisque c’est leur métier, mais qu’ils prient les maîtres d’hôtels de ne point faire de littérature, car ce n’est pas leur « rayon ». D’abord c’est très bête, ces noms dont on décore les plus simples choses de cuisine. Ensuite c’est humiliant pour les clients.

Il vous est certainement arrivé dans un grand restaurant de réfléchir pendant trois bonnes minutes sur une de ces énigmes et, finalement, d’appeler le maître d’hôtel pour lui demander : « Dites donc, qu’est-ce que c’est que ça ? »

Le maître d’hôtel vous a renseigné, maisavec quel air de mépris intérieur !

Il serait si simple d’appeler le bœuf,bœuf; le veau, veau; les carottes, carottes; les haricots, haricots et les pommes de terre, pommes de terre.

On appelle bien la note, la note.

« Almanach des coopérateurs. » 1939
Illustration : Henri Gerbault.

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9 réflexions au sujet de « Cuisine et littérature »

    nuage1962 a dit:
    août 2, 2017 à 12:47

    ouais .. avec un menu de la sorte difficile de dire ce que l’on mange

    Aimé par 1 personne

    fanfan la rêveuse a dit:
    août 2, 2017 à 7:16

    Cherchons le positif, hé bien l’effet de surprise est total jusqu’à l’arrivé du plat 😉 Personnellement je ne vais jamais dans ce genre de restaurant, ainsi je ne passe pas pour une inculte.
    Belle journée Gavroche !
    🙂

    Aimé par 1 personne

    Jean-Marie Baltimore a dit:
    août 2, 2017 à 2:51

    on peut aussi appeler la note la douloureuse !

    Aimé par 1 personne

    juliette a dit:
    août 2, 2017 à 5:09


    😀

    Aimé par 1 personne

    Trigwen a dit:
    août 2, 2017 à 5:39

    Et ça n’a pas changé ! Les restaurateurs se croient obligés de faire de la poésie sur leurs menus quand ils nomment des plats alors qu’ils suffit d’un simple qualificatif.
    Cependant, à leur décharge, il est vrai que parfois, pour expliquer un de leurs plats, il sont obligés de faire toute une phrase, donc, ils poétisent !

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